Plastir N°62 09/2021

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ÉCRITURES DE LA MULTIPLICITÉ – DES POÏÉTIQUES TRANSDISCIPLINAIRES

Isabelle ELIZÉON est docteure en arts de la scène et sciences de l’art de l’IRET – Sorbonne Nouvelle, formée en théâtre à l’école Internationale Jacques Lecoq. Elle est également metteuse en scène et dramaturge. Elle développe actuellement une recherche-création en arts et sciences à l’IUEM dans le laboratoire LEMAR (Institut Universitaire Européen de la Mer, Plouzané) au sein d’une équipe interdisciplinaire. Elle mène également une recherche soutenue par le CND (Centre National de la Danse, Pantin) sur la danse du chorégraphe Bernardo Montet. Ses axes de recherches s’articulent autour des dynamiques transdisciplinaires en arts et sciences et des processus de création en arts. Elle publie régulièrement des articles dans des revues en France et à l’Étranger. Elle enseigne en licence d’arts du spectacle et en sciences de l’éducation à l’UCO (Université Catholique de l’Ouest). Elle est également membre du CIRET (Centre International de Recherche et d’Études Transdisciplinaires) et chercheuse associée au LLCP – Paris 8, au HCTI – UBO – Brest, et au CHUS –UCO d’Angers. À partir d’expérimentations effectuées au sein des processus d’élaboration de deux formes artistiques hybrides, l’autrice nous propose dans cette étude d’explorer leurs poïétiques afin de mettre en évidence leurs dynamiques transversales et transdisciplinaires au travers de trois notions: le trans-inviduel, le trouble et le processuel. Cette approche Intègre une analyse relevant des expériences spécifiques en recherche-création des acteurs en les combinant à une approche esthétique et phénoménologique de l’art. Cette étude a ainsi pour objectif la valorisation de formes inédites dans les processus transdisciplinaires à même de mettre en lumière les modes opératoires intensifiant la créativité et l’imagination en arts et sciences, tout en contribuant également à dé-hiérarchiser savoirs et collaborations en présence. Une plongée salvatrice au cœur  de ces écritures multiples et démultipliées !

LA CONSCIENCE DUALE DE KANT

Philippe QUÉAU est ancien élève de l’École Polytechnique. Diplômé de l’École des hautes études en sciences sociales (ingénierie & sciences de l’information). Il a été directeur de recherche à l’Institut national de l’audiovisuel (INA), responsable du groupe de recherche sur la télévirtualité (clonage virtuel) et fondateur du programme Imagina. Il a co-réalisé le premier film français en 3D, Maison Vole (1983) et organisé la première liaison mondiale de télévirtualité tridimensionnelle par liaison numérique entre Paris et Monte-Carlo avec immersion virtuelle dans l’abbaye de Cluny.  Entré en 1996 à l’UNESCO en tant que directeur de la Division de la Société de l’Information et du Programme Mémoire du Monde, il a été chargé de l’établissement d’un Instrument de droit international sur l’accès à l’information du domaine public. Il a été directeur du Bureau de l’Unesco à Moscou, représentant de l’UNESCO pour l’Arménie, l’Azerbaidjan, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et la Fédération de Russie, puis pour le Maghreb. De retour au siège de l’UNESCO,  il a été directeur de la Division de l’Éthique et du Changement global, puis Sous-Directeur général de l’UNESCO pour les Sciences humaines et sociales. Parmi ses publications : Éloge de la simulation – De la vie des langages à la synthèse des images, Éditions Champ Vallon/INA,1986 ; Metaxu : Théorie de l’Art intermédiaire, Éditions Champ Vallon/INA, 1989 ; Le Virtuel – Vertus et Vertiges, Eds. Champ Vallon/INA – 1993 (Trad. en japonais, espagnol, finnois, italien); La Planète des esprits. Pour une politique du cyberespace, Odile Jacob, Paris, 2000; Blessures modernes. Essai de critique théologico-politique de la modernité, Eds. Metaxu, Paris, 2011; La fin du monde commun, Metaxu, Paris, 2016 & Sombres éclats, pâles lueurs, Metaxu, Paris, 2019. Dans ce pamphlet, il s’interroge sur la  dualité de la conscience au travers de l’approche kantienne en partant du posutlat que  Kant affirme que la conscience (qu’il l’appelle ‘âme’) est immatérielle – tout comme est immatériel le monde des idées et des pensées abstraites. Mais elle est selon l’auteur aussi liée à un corps dont elle reçoit des impressions et des sensations matérielles. La conscience participe donc à deux mondes, le monde matériel (sensible) et le monde immatériel (intelligible). C’est pourquoi la représentation que la conscience a d’elle-même, dans sa singularité, est toute différente de sa représentation comme simplement attachée à un corps. Il y a là une dualité inhérente de la conscience, qui s’observe dans le sommeil profond, et qui lui permet aussi de se mettre, à l’état d’éveil, à distance du monde qui l’entoure, et de distinguer les phénomènes, qui ne sont que des phénomènes, et l’existence d’autres consciences, qui sont d’une ‘tout autre’ essence. La réalité du monde des phénomènes est attestée par la subjectivité de multiples sujets, et d’innombrables formes de consciences. Mais personne ne sait d’où vient la conscience, ni ne devine l’étendue de toutes les formes qu’elle a prises dans l’univers, depuis l’origine jusqu’à nos jours, et pourra prendre dans l’avenir.  On peut seulement affirmer que toute conscience est absolument singulière, parce qu’elle recrée (à sa façon) les conditions d’une liberté originelle. Liberté qui est celle de la vraie vie de l’esprit (noos) telle qu’évoquée par Parménide et Platon.

VINGT MILLE LIEUX SOUS LA TERRE – UNE ESTHÉTIQUE MÉSOLOGIQUE NICHÉE AU CŒUR DES RÉSEAUX RACINAIRES

Marc-Williams DEBONO est président fondateur de Plasticités Sciences Arts (PSA), directeur de la revue PLASTIR et actuellement responsable du pôle Art & Science du CC91 (Collectif pour la Culture en Essonne, périmètre de Paris Saclay) dont les enjeux principaux sont de mutualiser les savoirs et les pratiques des champs artistiques et scientifiques et de couvrir le champ transdisciplinaire (TD) regardant l’évolution de l’axe Art, Science et Société. Il contribue à ce titre à la réalisation de la biennale La Science de l’Art  et travaille  avec l’ensemble des partenaires art-science du territoire essonnien, le réseau d’IdF Exoplanète Terre comprenant plusieurs structures de Paris Saclay et la transversale des réseaux arts sciences (TRAS), réseau national et européen.  Il conduit parallèlement depuis de nombreuses années  des actions TD de terrain en tant que membre de PSA, du CIRET (Centre international de recherches transdisciplinaires) ou encore de structures internationales comme MDA et le CISPH (UNESCO). Sur le plan scientifique, après avoir fait de nombreux travaux sur la plasticité et la bioélectricité du système nerveux, notamment sur l’axe dévelopemental et neurodégénératif, il centre ses travaux sur l’électrome, la sensibilité et les modes de cognition végétales. Parmi ses récents ouvrages grand public, L’intelligence des plantes en question, Dir, Hermann, Paris, 2020, Mémoires singulières, mémoires plurielles, L’Harmattan, 2018,  Écriture et Plasticité de Pensée, Anima Viva Pub. House, 2015, La mémoire de la vie; Edgar Morin-Patrick Curmi, Dir, Éditions de L’Attribut, 2017 (Bio. plus complète sur le site de PSA). Quant au contenu de cet article pour Plastir, l’auteur le résume ainsi: « Il y a peu de temps encore, nous pensions les activités souterraines comme éminemment organiques et bio-diversifiées, mais beaucoup moins comme le terreau d’une intelligence verte, qui, déployée sur un territoire considérable, pourrait dessiner une autre forme de communication. Comment les racines sont-elles reliées à l’histoire et la géographie du vivant, des milieux et des architectures anthropomorphes ou symboliques humaines ? En quoi cette esthétique nouvelle bouleverse-t-elle notre rapport mésologique au monde ? Nous tenterons d’y répondre en examinant les principaux axes de reliance en jeu dans cet immense nexus vernien et en montrant comment la plasticité mésologique prend racine dans l’altérité des plantes… Une plongée au cœur de la plasticité du vivant qui se veut être initiatrice, sinon d’une fiction ou d’un voyage extraordinaire dont Jules verne aurait les rennes, d’un axe de reliance fort au travers de nos racines communes. » 

DE LA CLÔTURE À LA COMMUNICATION MONADIQUE : L’ERREUR DE LEIBNIZ  

Péguy LUMUENE LUSILAVANA enseigne la philosophie et la méthodologie de la recherche à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) et à l’Institut Facultaire de Développement (IFAD). Sa thèse doctorale soutenue à l’Institut Catholique de Paris (ICP) et à l’Université de Poitiers (2017) est intitulée Penser la plasticité avec Henri Bergson à l’ère des neurosciences. Pour une philosophie des relations. Elle a été publiée aux Editions Hermann (2021) sous le titre : La pensée de Bergson à l’ère des neurosciences cognitives. Plasticité du cerveau et métamorphose des relations humaines. L’auteur choisit de traiter de façon originale les natures plastiques et ‘l’erreur de Leibniz’ pour Plastir en nous résumant son approche comme suit : « Contrairement à ce que Leibniz affirme dans sa Monadologie, une approche communicationnelle permet de penser que, pour pouvoir se lier les unes avec les autres, les monades doivent avoir un comportement. La présence d’autres monades à proximité, dans un environnement donné, ne laisserait pas la monade indifférente. Au contraire, elle serait affectée par cette altérité, et presque sommée de s’adapter à cette modification de son environnement. Cette adaptabilité de la monade est un indice de sa plasticité qui lui permet de tisser des liens avec d’autres monades. Dans les Dialogues sur la morale et la religion de Leibniz nous pouvons déjà observer ce détour par la communication, entendue comme comportement. »

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