Plastir n°9 – 12/2007

MORPHOGÉNÈSE(S) : LA FORME EN TANT QU’ELLE SE DÉPLOIE ET VIT

Louis-José Lestocart est critique littéraire, d’art, de cinéma et commissaire d’exposition au Ministère des Affaires Etrangères. Il est également archéologue et mène une réflexion approfondie sur les systèmes virtuels, cognitifs et sur la complexité (CNRS Editions). Il anime à ce titre l’atelier 36  » Entendre l’esthétique dans ses complexités  » de l’association MCX et est consultant au Collège de France au Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l’Action. Louis-José nous a décrit en détail les territoires où navigue l’Homo virtualis dans PLASTIR n°6. Il se focalise dans cet article sur la ou les morphogenèse(s) qui nous environne(nt), nous façonne(nt) entrant de plein pied dans un domaine qui nous tient à cœur : la plasticité des formes. Cette plasticité y est montrée dans son versant universel lorsqu’elle touche au bios, avec une description passionnante de la croissance des plantes, des systèmes auto-organisés décrits par Goethe, Varela ou d’Arcy Thomson, tous plasticiens par essence dans le sens où nous l’entendons à PSA (hommes non scindés, mais revendiquant leur approche plastique de l’évènementiel autant sous l’angle de la science que celui de la poésie). L’auteur nous montre par une double lecture ce cheminement des hommes qui observent, théorisent et de la matière qui croît, s’éploie au gré d’une métalogique qui lui est propre mais dont les incidences morphogènes nous étonnent comme au premier jour. Il nous en relate aussi l’histoire intime : de la naturphilosophie à la sémiologie des formes, des structures de Turing à l’épigénétique de Waddington, des stratégies évolutives aux langages formels de Lindenmayer, pour enfin aborder les créatures virtuelles. Il conclue très justement que ces formes sont elles-mêmes une connaissance, en tant qu’elles se développent (dans les deux sens du terme) sous nos yeux. Telle une pensée en train de se construire où I’intelligence se bâtit dans ses tâtonnements mêmes. « L’intelligence organise le monde en s’organisant elle-même » (Piaget).

A PROPOS DES APPRENANTS AÎNES – UNE CONTRIBUTION POUR DÉFAIRE LES MYTHES QUI ENTOURENT LA VIEILLESSE –

Madeline Deriaz est artiste peintre, enseignante en arts visuels et doctorante en andragogie à l’Université de Montréal. Elle a contribué à Plastir n°3 en traitant de la créativité, de l’éducation artistique, du développement personnel et cognitif. Dans cet article, elle nous ouvre à la connaissance par le biais d’une démystification du monde des aînés. Le parcours est minutieux, étayé et très convainquant. Il montre le mouvement sociétal qui accompagne la montée en puissance d’un nouvel âge : celui de la grande maturité. Un âge qui a des forces et une grande fragilité, qui n’hésite plus à transgresser les limites physiques et les frontières de connaissances toujours renouvelées. Madeline Deriaz nous décrit cet apprentissage, l’apport théorique de nouveaux domaines de recherche pédagogiques comme la gérontagogie (en opposition à la gérontologie) dans les universités du 3ème âge et surtout cette soif inextinguible de connaissance des aînés. Cette conception s’oppose au « vieillisme » et à la solitude, à la vision de déclin inéluctable entretenue par nos sociétés occidentales. Elle force le respect et appelle à un sursaut collectif, à une nouvelle donne éducative dans un monde où il faudra compter avec les seniors. Blog de l’auteur.

PENSER LE TEMPS

Marc-Williams Debono, chercheur en neurosciences et rédacteur en chef de la revue PLASTIR, aborde dans ce numéro la grande énigme de la nature du temps de la physique à la psychologie. La principale question posée dans cet article est : comment penser un temps dont la nature paradoxale, l’origine, la direction sont si controversés par la physique expérimentale ? La dynamique des systèmes non linéaires – en particulier vivants – et la plasticité cérébrale donnent des pistes de recherche sur la nature intrinsèque du temps. Sur le plan biophysique, il correspond à la corrélation entre une horloge et l’évolution d’un système dynamique comme les réseaux de neurones. Sur le plan psychologique, il est lié à l’émotion qualitative de l’instant. Quant à la réponse, elle est peut-être finalement dans l’homme, à la fois observateur, sujet d’expérience et conscience interactive de l’univers.

DIALOGUES DES HERMÉNEUTIQUES OU DIALOGUES DES PHILOSOPHIES DU MONDE

Jean-Yves Leloup est docteur en philosophie, en théologie et en psychologie. Il enseigne en philosophie ou en anthropologie dans plusieurs universités de par le monde et a écrit une cinquantaine d’ouvrages faisant dialoguer les cultures, les religions et les approches de la spiritualité. Autant dire que son approche des herméneutiques est issue à la fois d’une rencontre des savoirs et d’une transdisciplinarité vécue. En découle la richesse de ces dialogues intimes sur les trois intellects (supérieur, passable et faible), la limpidité avec laquelle Gampopa, sage et philosophe tibétain du XIIème siècle les analyse au travers de l’auteur et la façon dont ils sont perçus en Occident et en Orient. Le corps du texte laisse la parole à Gampopa, tandis qu’un parallèle est esquissé avec les trois Yanas ou trois véhicules de la tradition bouddhique Tibétaine. Chaque niveau de conscience ou de réalité abordé nous conduit à nous interroger sur la causalité stricte, la ratio et sur la véritable intelligence de la vie. La solution éthique qui s’en dégage est à la fois transversale, méditative et porte sur le devenir de l’homme. Blog de l’auteur.

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