L’évolution de la matière, de la naissance de l’univers à l’ADN

Gilles-Éric SÉRALINI, Généticien, Professeur des Universités en biologie Moléculaire, 25 Mars 1995, Institut de Paléontologie Humaine, Paris.

La conférence de Gilles-Eric Seralini (1) est inspirée de son ouvrage « L’évolution de la Matière, de la naissance de l’Univers à l’ADN » (2) dont le résumé nous indique que “ Des millions d’années ont été nécessaires pour qu’au terme d’une longue évolution la matière prenne la forme de la vie… ”. En effet, “ Du big bang originel à la découverte récente de la molécule d’ADN, cet ouvrage propose une passionnante remontée dans le temps jusqu’à l’origine de l’Univers pour découvrir l’enchaînement des transformations de la matière jusqu’à son ultime étape : la vie ” .

Après nous avoir rappelé la divergence entre la période où science et religion étaient intimement liées, et plus généralement l’écart qui s’est creusé entre le matérialisme et la connaissance, Gilles-Eric Séralini nous a fait un historique de la trame évolutionniste, illustré par des diapositives couleurs très parlantes (allant du nucléaire, illustré par le quark aussi bien que la bombe d’Hiroshima à l’ADN dans tous ses états, puis dressant l’émergence de l’homme qui crée). Tout commence par l’univers, et la (r)évolution biologique est, bien entendu, inscrite dans ce mouvement holistique en spirale. Cela rappelle bien l’optique du G.D.P. qui est centrée sur une science globale de l’évolution qui regarde tous les niveaux d’organisation, sans oublier les rapports d’échelles entre les phénomènes. G.-E. Séralini a plus particulièrement argumenté sur la nature de la micro-évolution darwinienne qui est incluse et complémentaire des macro-mutations, mais ne constitue nullement un mécanisme exhaustif en soi, tout comme l’invocation du hasard en tant que moteur de l’évolution.

L’auteur a ensuite développé les aspects liés aux développements du génie génétique, tant sur le plan structurel (ADN: mécanismes de duplication et de régulation), que sur le plan éthique (projet de loi soumis à la commission Européenne concernant les manipulations génétiques d’embryons humains avant 14 jours). Ces points ont suscité de nombreuses réactions de l’assemblée. Principalement: E. Bois demande à l’auteur de recentrer sa position sur la science et la religion aussi bien que la notion de hasard. M.W. Debono demande si les gènes de régulation sont eux-mêmes régulés, et si cela suffit à expliquer les seuils de transitions macro-évolutifs ? Ce à quoi l’auteur répond qu’en effet il y a bien un mécanisme du type du « serpent qui se mord la queue », et que cela n’est pas forcément suffisant pour expliquer les sauts évolutifs majeurs. V. Vladut demande une description des seuils macro-évolutifs que G.E. Séralini illustre par des paliers et une complexification croissante.

Anne Dambricourt et Eric Bois argumentent et complètent ce modèle y incluant bifurcations, instabilités et multiplicité des trajectoires. Ce avec quoi l’auteur est parfaitement d’accord, le modèle étant simplifié. Enfin, Maurice Couquiaud s’indigne à juste titre des dérèglements éthiques et d’une montée des techno- sciences qui masquent le vrai débat. Gilles-Eric Séralini conclue sur le stade infantile de d’homme, eu égard à son historique (âge d’environ quarante secondes par rapport à la date de naissance de l’univers), et ses comportements sociaux, et en particulier guerriers.

(1) L’auteur est professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen, chercheur, et depuis 1998, expert pour deux Commissions gouvernementales chargées d’évaluer les Organismes Génétiquement Modifiés avant et après commercialisation. Il a écrit récemment « OGM, Le Vrai Débat » (Ed.Flammarion, collection Dominos).
(2) : Ed. Pocket, collection Explora.

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