Notes de lecture

Publication du livre « Y fus-je ? » de Marc-Williams Debono et Patricia Proust-Labeyrie, La Sève Bleue, 2016.

« Sommes nous en constante évolution, sans certitude possible, dans la nécessité vitale d’épouser la plasticité du monde ? Interrogation constante du poète qui nous propose au rythme d’un voyage initiatique au travers de mondes incessamment eux-mêmes et toujours autres, la découverte d’un univers en partage… » La rencontre en 1994 de Marc-Williams Debono, poète et chercheur en neurosciences avec l’artiste plasticienne Patricia Proust-Labeyrie au premier congrès mondial de la transdisciplinarité au Portugal, fût marquée peu de temps après par l’éclosion d’un projet art & science au sein du Groupe des Plasticiens, intitulé « Pensée comme matière : la plastique dans tous ses états ». Il s’agissait déjà de considérer le travail de la matière en fluidité de pensée et le lâcher-prise de l’esprit comme intimement liés. Exploration qui oriente et cristallise leur interaction.

Publication du livre : « L’image-matière – Matériaux émergents et métamorphoses imaginaires »
de Dominique Peysson, Presses du Réel, 2016.

« Avec un titre faisant écho à deux ouvrages de Gilles Deleuze, L’Image-mouvement et L’Image-temps, cet essai, entre philosophie, art contemporain et sciences, nous propose de nouvelles images mentales comme autant d’outils pour nous aider à opérer la métamorphose de notre imaginaire à l’heure des nanotechnologies. – Les avancées scientifiques et les nouvelles technologies remodèlent le monde de manière tellement complexe qu’il devient difficile d’en saisir les principes directeurs. Il est maintenant possible de contrôler la structure de la matière à des échelles de taille tellement petites que les systèmes obtenus présentent des propriétés hors du commun et nos repères vacillent dans ce monde en continuelle mouvance qui nous oblige à repenser autrement notre relation au monde tangible, celui de cette matière émergente. 0r, les images dont nous disposons pour nous saisir mentalement de ces mouvements et métamorphoses sont devenues inopérantes et sont à redessiner, à mettre en relation, à assembler autrement. C’est en ces lieux que l’art contemporain peut venir jouer son rôle d’intercesseur entre la matière-forme et la pensée humaine, entre la méta-réalité de l’œuvre et notre imaginaire social comme autant d’outils pour nous aider à opérer cette métamorphose de notre imaginaire » Note de l’éditeur

Publication du livre « La matière de l’absence » de Patrick Chamoiseau, Editions Le Seuil (2016). 

« Man Ninotte, la mère de l’auteur, meurt le 31 décembre 1999. Cet événement emporte l’écrivain dans une vaste réflexion poétique sur la Martinique, les origines de l’homme, l’évolution contemporaine du monde. La vie de cette femme énergique et lyrique lui permet d’évoquer le destin du peuple antillais, depuis la cale des bateaux négriers jusqu’au cauchemar des plantations où les victimes durent inventer de nouvelles formes de résistance. Le livre se structure à partir d’évocations de la vieillesse, de la mort, des obsèques de Man Ninotte, qui permettent des explorations de la petite enfance de l’auteur, associée à de multiples origines, celles de la Caraïbe, celles des Amériques, celles de l’humanité. Le défi qu’il se lance – de mener de front un récit très intimiste, souvent bouleversant, sur sa famille, dominée non seulement par la mère, mais aussi par la soeur aînée surnommée « la Baronne », et une analyse qui remonte au temps préhistorique de l’Homo sapiens, jusqu’à une géopolitique de l’urbanisme, du paysage, du rapport entre les cultures – est parfaitement relevé, avec tendresse, humour et légèreté. Parfois intervient « la Baronne » à laquelle le narrateur s’adresse et qui apporte une touche de dérision à l’intellectualisme de son frère. Mais il n’en est pas perturbé et poursuit ses réflexions sur différents sujets : la mort, mais aussi les marchés, les petits magasins, les repas, les vêtements ,les carnavals, l’école, l’église, la danse et la musique. Avec en arrière-plan cette origine tragique (appelée « digenèse » par Edouard Glissant) qui n’est autre que le ventre du bateau négrier : lieu terrible d’une initiation à une autre poétique de l’existence au monde. « Ce que les poètes écrivent ne constitue que les décombres de ce qu’ils ont su vivre. Et ce qu’ils ont su vivre n’est que l’écume de ce qu’ils ont pu deviner et dont le manque leur reste à vie, comme le sillage d’une lumière . » Celle sans doute d’un très grand livre. » Note de l’éditeur

Publication du livre « Les mutations humaines » de Mar Thieriot, préface de Marc-Williams Debono, Editions Amalthée (2016).

Il y a une grande et une petite histoire des mutations humaines. La grande histoire relève des enjeux philosophiques et sociétaux considérables relevés par Mariana Thieriot Loisel en exergue de son livre. Penser l’attention et la non intentionnalité comme moteurs de la plasticité humaine. S’ouvrir à l’altérité, à la phénoménologie affective de Michel Henry, à la praxis éducative de Philippe Meirieu, à ces révélations qui font qu’on est prêt à emprunter ce « labyrinthe de miroirs » conduisant à l’intime conviction d’être tous ici et maintenant « L’homme qui marche » de Giacometti. Saisir enfin le sens de nos mutations humaines. Nous allons y revenir…  La petite histoire, c’est nos échanges en pointillé mais constants depuis 2006 sur les rapports entre la philosophie et la science et sur le sens de la connaissance, sa place dans les systèmes de fondation scientifiques ou sociétaux. Échanges qui m’ont amené à publier plus d’une vingtaine d’articles de l’auteur, dont l’intégralité de son travail postdoctoral entre 2009 et 2011 dans la revue PLASTIR. C’est aussi, dans ce contexte, celle du devenir dialogique des pianos « préparés » par Mariana TL, dont j’ai très tôt perçu la puissance métaphorique pour ancrer le principe de résistance et de mutation humaine. Extrait de la préface 

Publication du livre  » Le corps inconscient –  Et l’Âme du monde selon C.G Jung et W. Pauli » de Bruno Traversi , préface de Michel Cazenave et postface de Baldine Saint Girons, Editions L’Harmattan (2016).

En deçà de notre corps « ordinaire » (sensitif et réactif, « corps animal »), il existe une autre dimension du corps, qui nous relie à ce que C.G. Jung et W. Pauli appellent l' »inconscient collectif » et qu’ils identifient à l’Âme du monde des platoniciens. C’est ce « corps originel » que l’auteur nous décrit, en comparant les pratiques corporelles occidentales et orientales (particulièrement le Japon). Au confluent de l’Occident et de l’Orient (du Japon) Bruno Traversi fonde son étude sur la collaboration, 25 ans durant, de Carl Gustav Jung avec Wolfgang Pauli, l’un des ‘pères’ de la physique quantique, autour du rapport de l’esprit et de la matière. De la même manière qu’il existe un arrière monde (étranger à la flèche du temps et à la causalité) au sein de la matière, un arrière-monde au sein de l’esprit, il existe un arrière-monde au sein du corps – un « corps originel ». L’auteur décrit précisément, à partir d’observations faites en séances pendant 10 ans, la nature et la spontanéité de ce corps originel qui porte les marques de l’éternité.  Note de l’éditeur

Publication du livre « Vivre en existant – Une nouvelle éthique » de François Jullien, Editions Gallimard (2016).

« Entre ces deux grands termes rivaux, l’être et le vivre, exister est le verbe moderne qui fait lever un nouveau possible. Mais comment décrire l’existence sans plus construire – comme la philosophie l’a fait de l’Être – en s’en tenant au ras du vécu ? Je cherche ici des concepts qui décolleraient le moins de l’expérience : on reste dans l’adhérence au vital ou l’on en désadhère. Car exister, c’est d’abord résister. Sinon ma vie s’enlise ; ou bien elle peut basculer. Elle s’amorce et se résorbe – plutôt qu’elle ait « début » et « fin ». Elle reste prise dans le « dur désir de durer » ou bien je peux en émerger. Ou si seul le phénoménal existe, il faudra reconnaître ce qui s’y ouvre de faille (tel le « sexuel ») ou qui l’excède : la rencontre de l’Autre. Car si vivre, c’est déjà dé-coïncider d’avec soi (sinon c’est la mort), exister est ce verbe nouveau qui, détaché de l’Être, promeut cette désadéquation en ressource. « Ex-ister », c’est en effet, littéralement, « se tenir hors » – il faudra dire de quoi. Ou comment émerger du monde, mais dans le monde, sans verser dans l’au-delà de la métaphysique ? De là se dégage une nouvelle Éthique qui ne prêche pas : vivre en existant. » Note de François Jullien.

Publication du livre :  » Soufisme et surréalisme  » d’Adonis, traduit par Bénédicte Letellier,  Editions de la Différence (2016).

Soufisme et surréalisme, publié en arabe en 1992, se présente sous la forme d’un dialogue imaginaire et théorique entre les sou s et les surréalistes. Ce sont des paroles, des vers, des manières d’écrire, des pensées qui se font écho pour décrire une expérience de l’absolu ou de l’absence. Au fil des thèmes abordés, Adonis pose les fondements d’une véritable réflexion comparatiste et poétique sur les liens qui unissent la littérature et le sacré. Que révèlent les écritures sou es et surréalistes ? Comment les lire pour dépasser les contradictions d’un monde de plus en plus déroutant et inintelligible ? En quoi ces écritures poétiques témoignent-elles d’une possible souveraineté et liberté de l’individu ? Cet essai est aussi une manière de célébrer la poésie comme un acte de création qui « libère l’homme de son exil ou de son absence dans cette réalité ». C’est en ce sens qu’Adonis cite Lautréamont : « La poésie sera faite par tous. » Note de l’éditeur . a consulter également l’ouvrage de B. Letellier de 2014 sur le soufisme et le roman.

Parution du livre:  » Sapiens : une brève histoire de l’humanité  » de Yuval Noah Harari, Albin Michel (2015).

Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d’hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens. Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l’homme ? À dépendre de l’argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ? Véritable phénomène d’édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d’Histoire à l’Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l’Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l’humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage… et notre futur. Note de l’éditeur. 

Publication du livre  » Ecriture et Plasticité de Pensée » de Marc-Williams Debono, préface de Michel Cazenave, Editions Anima Viva Multilingue (2015).

Cet ouvrage interroge la nature transversale du lien entre écriture et plasticité de pensée, entre flux de conscience ascendant et objet-livre, à l’heure du numérique et des transtextualités. Tour à tour, l’auteur s’y demande « jusqu’à quel point sommes nous dépendants de la plasticité du cerveau ? Jusqu’à quel point est-elle inductrice dans l’acte créatif, en particulier lorsqu’il s’inscrit dans le cyberespace ? Où le jeu du déterminisme cognitif s’arrête-t-il et où commence le libre arbitre de la pensée ? Où la spontanéité, les niveaux sub-perceptifs puisent-ils leur substantifique moelle ? En quoi cela préfigure-t-il le lien intime entre plastir et plasmir, entre plastir et écrire, entre le déroulement de la pensée et la genèse du sujet écrivant? ». Plusieurs réponses seront apportées, touchant autant à l’hémisphère du langage de l’écrivant, qu’aux systèmes d’écritures qui l’ont porté d’Orient en Occident et le projettent aujourd’hui dans une sémantique nouvelle – celle des méta-objets textués – où la plasticité scripturale se mue en plasticité mentale. Note de l’éditeur

Publication du livre « Biosémantique » de Kaled Ait Hamou, ThebookEdition.com, Coll. Plumes au bout des doigts (2015).

L’objectif de la bio-sémantique est de montrer quelles relations il y a entre certaines structures anatomiques du cerveau et ses productions sémantiques. L’essai est de nature transdisciplinaire. L’ensemble des notions introduites ne nécessite pas de spécialisation particulière pour leur suivi. Les analyses développées dans ce travail illustrent clairement l’importance de l’identification de certaines données biologiques neuro-anatomiques et physiologiques pour la compréhension des données sémantiques fondamentales liées aux modes de raisonnement. on s’intéressera surtout à l’anatomie du cerveau de l’Homo sapiens, cependant l’analyse bio-sémantique développera certaines arguments concernant l’évolution. Note de l’éditeur

Publication du livre « Formes empreintes, formes matrices – Asie Orientale d’Augustin Berque aux editions Franciscopolis, Les Presses du réel (2015).

La problématique du milieu a débuté en ce qui me concerne avec un séminaire collectif organisé en 1983-1984 à l’Ehess sur le thème «paysage empreinte, paysage matrice». Empreinte parce que, par la technique, les formes paysagères portent la marque des œuvres humaines (c’est l’anthropisation de l’environnement); matrice parce que, par le symbole, elles influencent nos manières de percevoir, de penser et d’agir (c’est l’humanisation de l’environnement); ce qui, à l’échelle de l’espèce, par effet en retour, a même entraîné l’hominisation (l’on adopte ici la thèse de Leroi-Gourhan). L’ambivalence de ces formes actives et passives à la fois en fait des prises médiales, analogues aux affordances gibsoniennes, et relevant du syllemme (à la fois A et non-A) comme le «troisième et autre genre» (triton allo genos) de la chôra platonicienne, c’est-à-dire le monde sensible ou le milieu existentiel, qui est à la fois «l’empreinte sur la cire» et la «mère» ou la «nourrice», autrement dit à la fois l’empreinte et la matrice de l’être relatif, la genesis. Suivant la distinction opérée par Uexküll et Watsuji entre l’environnement comme donnée brute (Umgebung, shizen kankyô 自然環境) et le milieu (Umwelt, fûdo 風 土) corrélatif au sujet dont c’est le monde propre, on critique sous cet angle le mécanicisme de l’ortho- doxie néo-darwinienne, en réévaluant la notion de Selbstdarstellung (manifestation de soi) mise en avant par Portman à propos de la forme animale. Puis on propose un rapprochement de la notion de morphose (la morphogenèse revue en reconnaissant la phénoménalité du vivant) avec diverses notions relatives à la forme en Asie orientale, tels kata 型 (forme matricielle), katachi 形 (forme effective), sugata 姿 (aspect d’une forme singulière) en japonais, ainsi que le rapport entre « ce qui est en amont de la prise de forme » (xing er shang zhe 形而上 者) et « ce qui est en aval de la prise de forme » (xing er xia zhe 形 而下者) dans le Livre des mutations (le Yijing 易経), d’où Inoue Tetsujirô 井上哲次郎, sous Meiji, tira le néologisme de keijijôgaku 形而上学, par lequel il traduisit le terme allemand Metaphysik. On conclut en rapprochant, sous le concept de trajection, le principe de la phénoménalité de l’être, la notion d’évolution, celle de prédicat, celle Grand Symbole (大象 Daxiang) dans le taoïsme, et la projection de la forme platonicienne (eidos) dans l’être corrélatif à son milieu. Note de l’éditeur

Publication du livre  » Effraction I », Fragments, lambeaux sous la direction de Philippe Tancelin et Bela Velten, Editions L’Harmattan, Collectif de poètes des cinq continents (2015).

A l’heure des obscurantismes féroces, le rappel, à travers les millénaires culturels de sourires et fragments de sagesse vient ici comme une heureuse fortune soutenir la lucidité de poètes et écrivains contemporains. Il les exhorte à une présence urgente, une vigilance rieuse dans la cité moderne. Ce recueil tissé de la résonnance entre les écritures les plus anciennes et celles d’aujourd’hui, procède de cette mémoire collective vivante qui trace sur le chemin d’histoire une éternelle pensée poétique du devenir. Note de l’Editeur

Publication du livre «La modélisation, ses fondements», Maison Tunisienne d’Edition (2015).

Abdelkader Bachta, auteur de l’ouvrage, a publié plusieurs articles sur René Thom et la modélisation dans PLASTIR. Il nous résume ce livre paru en langue arabe ainsi : « Au niveau mathématique, on y étudie Tarski et Thom , sur le plan de la physique en général on y traite Legay et Atkins , Les fondements étudiés sont de deux types : 1) Mathématiques ( algèbre et géométrie )2) philosophique : Platon et son idéalisme , Aristote et son réalisme . La conclusion définit le modèle comme une idée essentiellement mathématique portant sur un réel concret ou abstrait et définit les rapports entre la modélisation et la méthode analytique cartésienne.  Note de l’Editeur

Parution du livre « La science est-elle inhumaine ? »d’Henri Atlan, Editions Bayard (2014).

Il y a dix ans, Henri Atlan résumait dans ce petit livre les convictions qui étaient devenues siennes tout au long de ses recherches en biologie. La liberté ne doit pas être entendue au sens d’un libre arbitre grâce auquel nous serions seuls à décider de nos actes mais au sens d’une libre nécessité, reposant sur la connaissance des déterminismes. La science devenait alors, contre les accusations croissantes d’une partie de l’opinion, un facteur massif d’émancipation. Depuis, les sujets polémiques se sont multipliés, pointant la menace de techniques débridées et la domination d’une science déshumanisée. C’est justement sur l’un des sujets les plus controversés et les plus brûlants qu’Henri Atlan a décidé de revenir dans une nouvelle préface : le désir d’enfant et la procréation médicalement assistée. A quel moment ce désir légitime devient-il aliénant et surtout pourquoi ? Que recoupe la notion d’enfant naturel au moment où la PMA est une réalité partagée par de nombreux couples ? La liberté apparaît bien encore du côté de la reconnaissance des limites et d’obstacles insurmontables, plutôt que de l’acharnement thérapeutique. Note de l’éditeur (voir Plastir 41, 03/2016).

Publication du livre « La forme et le sens (II) », Nouvelles études sur l’esthétique et la pensée des Lumières, de Pierre Hartmann, Presses Universitaires de Strasbourg (2012).

Sous un titre analogue, du même auteur et dans la même collection, on a pu lire un pendant au présent ouvrage, dévolu à la pensée et à l’esthétique des Lumières, qui n’apparaissaient dans le premier que sous le prisme de la fiction romanesque. À partir d’une réflexion sur l’herméneutique littéraire suscitée par une recension sarcastique de Goethe, l’ouvrage s’organise autour de trois écrivains majeurs – Voltaire, Rousseau et Diderot – dont l’auteur analyse tant les œuvres que leurs répercussions sur quelques uns de leurs plus illustres contemporains (Beaumarchais, Laclos, Schiller, Hölderlin). Se dessinent ainsi de grandes constellations de pensée dont la compacité et la congruence font d’autant mieux ressortir le caractère central, déjà reconnu par Ernst Cassirer, de la question esthétique dans la pensée des Lumières.  Note de l’Editeur

Publication du livre «Homo eroticus», Des communications émotionnelles de Michel Maffesoli, CNRS Editions (2012).

L’homo n’est pas seulement Sapiens, il est aussi Eroticus : Eros comme symbole de notre post-modernité.   Note de l’Editeur

Publication du livre « La commauté de Pratiques de l’UNESCO comme outil de dialogue interreligieux & interculturel », dirigée par Antonella Verdiani & Silvia Guetta aux éditions Firenze University Press, (2011).

Entre 2008 et 2009, la communauté de pratiques de l’UNESCO pour le développement de l’homme et de la Culture de Florence a coordonné un projet d’envergure en faveur du dialogue entre les religions et entre les cultures qui a réuni des chercheurs internationaux, des Universités et d’autres chaires de l’Unsesco. Ce livre, préfacé par Sonia Bahri, réunit tous ces témoignages. Il décrit en première intention l’expérience d’éducation à la culture de la paix menée dans le cadre de la chaire transdisciplinaire (TD) de l’Unesco, dont les co-éditrices, Antonella Verdiani et Sylvia Guetta nous présentent le contenu, le défi lancé et les enjeux liés à la compréhension des notions d’interreligiosité et d’interculturalité dans le cadre agité de l’économie de marché et des conflits mondiaux. Paul Ghils s’attardera ensuite sur l’importance des communications multilingues et multiculturelles dans ce contexte, tandis que Paolo Orefice étendra ces notions à la méthodologie, au développement humain et à la connaissance créatrice. On ne peut citer toutes les contributions axées sur la nécessité d’un dialogue étendu entre les cultures, les religions et les hommes (Olivier Arifon, Joshua Stanton, Sana El Bizri…) ainsi que les moyens d’éviter les conflits fratricides issus de ce manque de dialogue. Enfin, les travaux d’approche menés pour l’élaboration de chaires TD dans les Universités sont illustrés par les expériences de terrain de Mariana Thieriot Loisel, notamment en Afrique du Sud, ainsi que les propositions de chercheurs transdisciplinaires tels qu’Ubiratan D’ambrosio, Marc-Williams Debono ou Patrick Loisel. Dans l’ensemble, cet ouvrage, précurseur en matière de CoP TD, comporte un panel absolument unique de témoignages, d’éléments pédagogiques, de pistes de recherche et de propositions concrètes émanant d’une communauté internationale de penseurs (Brésil, Canada, Etats-Unis, France ’Italie) se penchant sans esprit d’école sur les enjeux capitaux de l’établissement d’une paix durable dans le monde. (276p, version papier & e-book disponibles), 2011.  Note de M-W Debono

Publication aux éditions L’harmattan du livre : « Glissant-Monde », Collectif coordonné par Boniface Mongo-Moussa (2012).

« Le siècle d’Edouard Glissant. Tel aurait pu être le titre de ce dossier. Mais la formule est aujourd’hui galvaudée. Il reste qu’Édouard Glissant a marqué de son empreinte cette deuxième moitié du siècle en pensant la complexité du monde contemporain en terme de Relation. C’était là une stratégie du discours visant à récuser l’universalisme abstrait au nom duquel on a parfois justifié l’injustifiable et imposé l’absolu de l’Être. Or, Édouard Glissant rêvait d’un monde régi par une pensée archipélique qui « en emprunte l’ambigu, le fragile, le dérivé », voire le détour. Mieux : Edouard Glissant a pensé notre monde en poète. Ce qu’il appelait « l’intraitable beauté du monde ». Une beauté qui a nourri Africultures. Une telle générosité méritait bien un hommage. Ce faisant, nous nous acquittons de notre dette. »  Note de l’Editeur (AF n° 87)

Publication aux éditions transcript du livre : « Art et Soutenabilité : Connecter les motifs pour une culture de la complexité » de Sacha Kagan (2011).

« Quelle est la dimension culturelle de la durabilité ? Ce livre offre une réponse qui fait réfléchir, avec une synthèse théorique sur des « cultures de soutenabileté ». Décrivant comment la modernité s’est dégénérée dans une culture de l’insoutenabilité, à laquelle les arts contribuent, Sacha Kagan nous engage dans une révision fondamentale de nos manières de connaître et de voir le monde. Nous devons apprendre à ne pas avoir peur de la complexité, et à ranimer une sensibilité aux modèles qui se relient. Avec une vue d’ensemble d’art écologique au cours des 40 dernières années, et un examen d’art et de changement social, le livre évalue le rôle potentiel de l’art dans un processus si nécessaire de transformation ».  Note de l’Editeur

Publication aux éditions Fayard du livre : « La Voie – Pour l’avenir de l’humanité » d’Edgar Morin, Paris (2011).

Le vaisseau spatial Terre continue à toute vitesse sa course dans un processus à trois visages : mondialisation, occidentalisation, développement. Tout est désormais interdépendant, mais tout est en même temps séparé. L’unification techno-économique du globe s’accompagne de conflits ethniques, religieux, politiques, de convulsions économiques, de la dégradation de la biosphère, de la crise des civilisations traditionnelles mais aussi de la modernité. Une multiplicité de crises est ainsi enchevêtrée dans la grande crise de l’humanité, qui n’arrive pas à devenir l’humanité. Où nous conduit la voie suivie ? Vers un progrès ininterrompu ? Nous ne pouvons plus le croire. La mort de la pieuvre totalitaire a réveillé la pieuvre des fanatismes religieux et stimulé celle du capitalisme financier. Elles enserrent de plus en plus le monde de leurs tentacules. La diminution de la pauvreté se fait non seulement dans un accroissement de bien-être matériel, mais également dans un énorme accroissement de misère. Allons-nous vers des catastrophes en chaîne ? C’est ce qui paraît probable si nous ne parvenons pas à changer de voie. Edgar Morin pose ici les jalons d’une « Voie » salutaire qui pourrait se dessiner par la conjonction de myriades de voies réformatrices et nous conduire à une métamorphose plus étonnante encore que celle qui a engendré les sociétés historiques à partir des sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs. (Directeur de recherches émérite au CNRS, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, l’auteur de La Voie est connu pour avoir conçu la « pensée complexe »).  Note de l’Editeur

Publication aux éditions Ecritures Alternatives du livre : « Du dessin au symbole – Une grammaire pour l’humanité – », de Margarit Berriet et Patricia Creveaux, MDA, 2010.

Ce livre est une invitation à voyager dans le monde des signes et des symboles, d’ hier à aujourd’hui. En soulignant les similitudes, mais aussi la diversité de ces représentations d’éléments du corps ou de la nature, l’œil, le cœur, le soleil, l’arbre, le serpent, ou encore de formes géométriques récurrentes, le cercle, le triangle ou l’étoile, les auteurs font émerger une écriture des sens, une « grammaire universelle » transmise par les œuvres d’art. « Aborder l’art et plus spécifiquement le langage artistique permet d’approcher la pensée symbolique. Celle-ci se construit à partir de la perception, du regard porté par les êtres humains sur leur environnement. » Note de l’Editeur   Nous ajouterons que cet ouvrage préfacé par Emmanuel Anati illustre à merveille le passage de l’iconicité à la symbolique lettrée, cette transformation lente du symbole et de la symbolique portée qui nous paraît aujourd’hui totalement acquise. L’universalité des symboles est non seulement à la source des langages articulés et stylisés, mais leur prévaut mettant en relief cette « grammaire universelle et intuitive de l’esprit humain » qui, comme le souligne très justement les auteurs, a le pouvoir de nous affranchir des suprématies ou des clivages de tout ordre pour nous amener à faire dialoguer les cultures et vivre les transcultures (l’ère numérique et l’information en temps réel aujourd’hui).

Publication aux éditions Oxus du livre: « A la Confluence de deux cultures, Lupasco aujourd’hui », Actes du colloque international UNESCO (24 Mars 2010), sous la direction de Basarab Nicolescu, Paris (2010).

Stéphane Lupasco nous a laissé une œuvre immense en ce qu’elle touche à l’essence même des choses : confluence des cultures et des humanités, logique du contradictoire et philosophie du tiers inclus. Comme Cioran, Tzara, Fondane ou Ionesco, le génie Roumain de Lupasco semble culminer dans le terreau de la créativité Française. Cependant, il détient ce rare pouvoir d’aimantation qui séduit autant le littérateur que le scientifique, dépasse l’élégance de la démonstration pour atteindre la transculture, la dynamique interne de la logique. Et là, tous se retrouvent, comme le montre parfaitement cet ouvrage. L’historicité en marche y est ainsi illustrée sur le plan du jugement, de la modernisation ou de l’intégration de l’ex-tiers exclu dans le monde d’aujourd’hui (Patapievici, Cioroianu) ; sur le plan des trois éthiques et de la raison (Malherbe) ; sur le plan du sacré, de la trinité et de son versant ternaire, de la reliance ou de la coïncidence des opposés (Chirilà, Magnin, Morin) ; sur le plan de la translittérature drainée par Horia et du langage, pur, impur, de ses dialogiques croisées, de son orientalisme, de ses origines (Craciunescu, Ghils) ; sur le plan de la psyché, des affects, des niveaux de réalité et de l’état T (Cazenave) ; sur le plan de l’épistémologie et de la rejonction métalogique opérée par Brenner sur le principe d’opposition dynamique et le tiers inclus logique lupascien ; sur le plan de l’art et des humanités enfin avec les rectoversions de De Caso, leur signifiance dans le cadre d’une mise à jour des Lumières et des passionnantes correspondances ou « interférences » de Lupasco avec Noica, Mathieu, Dali, Ionesco, Breton et Bachelard (Soare, Nicolescu). On sort grandi de ces analyses et développements contemporains poussés de l’univers du « plus héraclitéen des penseurs du XXe siècle », comme l’a magistralement qualifié Edgar Morin au colloque UNESCO de Paris.  Note de Marc-W Debono

Publication aux éditions Gallimard du livre: « L’imaginaire des langues » d’Edouard Glissant, Entretiens avec Lise Gauvin (1991-2009), Paris (2010).

Avec cette série d’entretiens réalisés par Lise Gauvin, nous pénétrons au cœur de la pensée de Glissant, de la poétique qui traverse toute son œuvre et l’emmène à nous délivrer un message extrêmement clair et pertinent sur les origines et le devenir du langage. Exit toute approche monolingue refermée sur elle-même, sur une infraculture, une élite ou un microcosme et bienvenue aux littératures qui s’ouvrent à la pluralité du « chaos-monde », à la « poétique du divers », à une présence au véritable imaginaire des langues. Telle est la voie que nous trace Edouard glissant, en s’appuyant à la fois sur l’historicité et la stase actuelle de la langue française et sur son renouveau au travers des « maquis de langues », de la créolisation, de ces langages neufs, en mutation, en partage, en relation. Langages à bâtir, qu’il faut distinguer des créolismes ou des régionalismes, car toutes les langues contiennent et dépassent ces notions. Ainsi en est-il des langues de la Caraïbe, des Antilles, des Amériques ou encore du pays basque. C’est pourquoi le rôle de l’écrivain, et du poète en particulier qui n’a jamais eu peur de déconstruire, de réorienter, d’inventer la langue devient primordial aujourd’hui. Il a entre autre la tâche de nous désidentifier, c’est-à-dire de nous sortir de « l’identité-racine unique » que Glissant dénonce au profit d’une « identité-rhizome », de nous désaliéner de la rigidité de la langue et de tous ses ascendants socioculturels pour nous permettre d’éclater les rhétoriques, les unicités de tout bord. Pour nous permettre d’épouser les lieux , les imaginaires, la « totalité-monde » plutôt que se lancer dans une recherche éperdue des universaux, souvent profitables ou rapportés à une culture confrontée à une autre. Une fois encore l’archipélisation des langues et des savoirs est en marche. C’est la seule alternative aux monolithes systémiques, à la déperdition des langues, des littératures mercantilisées, voire même des transcultures qui s’enferment dans le concept. C’est le seul moyen de voir éclore ce monde incréé – « à créer et qui est déjà là » –, de changer « l’imaginaire des humanités ». S’agit-il d’une nouvelle utopie ? Oui, répond sans ambiguïté l’auteur, à condition de repenser cette notion, de redéfinir la place de l’imaginaire dans notre appréhension de la réalité. L’utopie, dit-il en substance, « sera un sens aigu d’une poétique de la relation […] c’est ce qui manque, c’est-à-dire ce qui permet d’aller dans l’accumulation jusqu’au bout de la quantité d’éléments qui constituent le tout-monde. De sorte qu’on essaie qu’il en manque aucun. » Ainsi, Glissant montre la puissance insoupçonnée de l’action poétique sur le monde, sa suprématie par rapport au fait politique ou au brassage culturel aveugle. Et il nous donne un formidable espoir en pointant du doigt ce bouleversement en marche au sein de la structure même de la pensée. Bouleversement qui ne cherche pas à théoriser ou à humaniser à tout prix, mais à exploiter le potentiel imaginaire de l’homme dans ce qu’il a de plus prégnant : la langue qu’il parle et qu’il écrit.  Note de Marc-W Debono

Publication aux éditions L’Harmattan du livre: « Transdisciplinarité et Transversalité – Epistémo-logiques chez Edgar Morin » de Auguste Nsonsissa, Collection Ouverture philosophique, Paris (2010).

Cet ouvrage aborde un thème épistémo-logique qui reflète l’orientation actuelle de la pensée scientifique chez Edgar Morin : la prise de conscience par les scientifiques contemporains qu’une science n’est plus à même d’expliquer exactement la réalité dans sa complexité et qu’elle est invitée à s’ouvrir à d’autres perspectives non accessibles par sa propre méthodologie, ayant pour tâche de fondre et non de confondre les connaissances humaines en un Savoir capable de relever le défi de la complexité.
Note de l’éditeur

Publication aux éditions L’Harmattan du livre: « Epistémologie et Transculturalité de Jacques Chatue. Tome 1 : Le paradigme de Lupasco, Tome 2 – Le paradigme de Canguilhem », Collection Epistémologie et Philosophie des Sciences, Paris (2009-2010).

Tome 1 : Les considérations relatives à la coexistence avérée des cultures font désormais partie intégrante des questions essentielles à l’ère de la mondialisation. Cependant, le contenu auquel renvoient les concepts qui y sont relatifs n’est guère évident. L’un de ces concepts est celui de « transculturalité ». Ce premier volume étudie les tenants et les aboutissants du « mouvement transdisciplinaire » qui, de Stéphane Lupasco à Edgar Morin, fondent une perception singulière des rapports entre cultures. Tome 2 : Dans une proximité questionnante à l’épistémologie des normes qui court de Georges Canguilhem à Michel Foucault et Pierre Bourdieu, en passant notamment par Gilbert Simondon, la thèse ici défendue est que le doublet « épistémologie-transculturalité » nous met sur la voie d’une alternative réellement forte pour résister au « complexe de culture de l’occident ». Préface de Jean Bove.  Note de l’éditeur

Publication aux éditions La Jointée du livre : « Rencontres Poétiques – Anthologie des Sept poètes de 3 continents et dans les 4 langues du Sommet d’Envol de la Grue – » sous la direction d’Ernesto Kahan, avec la participation de G. Droogenbroodt, E. Kahan, G. Friedenkraft, J.S. Mohan, M. Richter, M. Young, Y. Hsi, Paris (2010).

Cette anthologie à sept voix répond à plusieurs défis. Celui de la fraternité tout d’abord, en s’ouvrant au monde cosmopolite, en affirmant les valeurs de la paix universelle et de la richesse du brassage entre les peuples et les continents. Celui de la rencontre entre la science et l’art en second lieu ; chacun des auteurs assumant la double tutelle du chercheur et de l’écrivain. Celui de l’écriture et du langage enfin, en réunissant des poètes de culture différente et en faisant dialoguer les genres, les styles et les ouvertures vers de riches mondes intérieurs. Mais le défi le plus grand est sans doute d’avoir relevé la gageure de la traduction des poèmes, tâche qui pour beaucoup parait impossible… Et c’est probablement l’histoire de cette anthologie, née d’une rencontre d’experts – tous membres du congrès mondial de la poésie – au forum du XXIe siècle baptisé : « Sommet d’envol de la Grue » à Taipei en 2007 sous la présidence du Dr Yu Hsi, qui explique cet exploit. Rencontre ouverte à tous les arts, à la religion, la fraternité et la littérature qui a vu l’éclosion de la publication quadrilingue de poètes venus d’Europe, d’Asie et d’Amérique. On verra ainsi s’y côtoyer les haïkous de l’européen Georges Friedenkraft et ce long poème en prose lyrique intitulé « La route » du Taiwanais Yu Hsi, Mnémosyne et le voyage jusque dans l’holocauste de l’Israelo-Argentin Ernesto Kahan, la bienheureuse immortalité de l’indien Justice S. Mohan, l’univers intime du Tchécoslovaque Milan Richter ou encore les doutes de Maurus Young qui arpente en toute liberté les géographies, est chez lui de Beijing à Paris. Ce livre est ainsi un défi humaniste, poétique et la démonstration brillante du travail dans la langue et au delà de la langue…  Note de M-W Debono

Publication aux éditions EDP Sciences du livre de Jeannine Yon-Kahn : « Rencontre de la science et de l’art – L’architecture moléculaire du vivant – » (2010).

Jeannine Yon-Kahn explore avec une curiosité dévorante l’architecture du vivant dans un esprit humaniste, esthétique et d’emblée tourné vers une modernité attentiste et non pas repliée sur elle-même. Elle appelle le lecteur, au travers de la double hélice comme structure et symbole à lire le livre de la nature sous l’œil bienveillant de Kant, Galilée, Platon, Canguilhem et Poincaré, cité en exergue et à plusieurs reprises dans l’ouvrage: « Ce n’est que par la science et par l’art que valent les civilisations ». Le livre est en effet centré sur la biologie structurale et fait naître à chaque page des analogies troublantes entre le microcosme et le macrocosme, entre les motifs architecturaux ou le repliement des protéines et les œuvres d’art. Ainsi l’occurrence de l’hélice de l’ADN omniprésente dans l’architecture des cathédrales (colonnades), l’occurrence du méandre Bêta dans le tchi des tapis persans, dans l’art amérindien ou dans le fameux serpent à deux têtes aztèque, l’occurrence du trèfle dans la représentation médiévale du triskèle ou encore la symbolisation du Tao dans les oligomères à symétrie cyclique. On retrouve ces harmonies au niveau supramoléculaire où les assemblages entre protéines et enzymes conduisent à l’élaboration d’architectures complexes et réellement fascinantes comme les virus dont on peut retrouver des représentations symétriques identiques dans les mandalas tibétains. L’auteur ne se contente pas d’illustrer ces propos mais nous donne les principes physicomathématiques pouvant régir ces caractères géométriques universaux. Elle s’appuie sur de nouveaux modèles thermodynamiques et cinétiques comme le jigsaw puzzle issu du système unifié d’entonnoir de repliement ou sur des études de stabilité conformationnelle des protéines. La conclusion s’impose d’elle-même : on ne peut plus admettre de dualisme entre vérité « scientifique » et beauté « artistique ». La démarche esthétique du poète, du sculpteur converge avec celle du scientifique. Il n’y a pas de vérité absolue ou en tout cas comme Popper le dit, on ne peut l’atteindre (en tant qu’épistèmê). De même, les critères de la beauté se discutent selon les conceptions philosophiques de Platon, Kant, Hegel ou Adorno qui dit en substance dans une citation de l’ouvrage : « L’art vise la vérité, il n’est pas immédiatement la vérité ; en ce sens la vérité est son contenu essentiel ». Ainsi, art et science sont en résonance dès qu’ils atteignent l’un de ces deux critères d’authenticité. Jeannine Yon-Kahn nous montre que l’observation du vivant, sa morphogenèse, ses transformations, ses architectures sont autant d’approches d’une esthétique ou d’un langage commun entre les formes naturelles et crées par l’art.  Note de M-W Debono

Publication aux éditions Flammarion, coll. bibliothèque des savoirs, du livre « De l’intérieur du monde : pour une philosophie des relations » de Michel Bitbol, Paris (2010).

Michel Bitbol repense dans ce livre la théorie de la connaissance pour l’adapter aux découvertes de la science du XXe siècle. La physique contemporaine rend cette démarche nécessaire: elle porte de moins en moins sur des choses et de plus en plus sur des relations. Si bien que l’image baroque de relations flottant en l’air sans appui sur les choses, d’un « sourire de chat sans chat » pour paraphraser Lewis Carroll, se fait jour de manière insistante. Comment comprendre des relations qui préexistent aux objets ou aux propriétés qu’elles unissent? Une analogie est mobilisée pour élucider ce mystère: si la droite et la gauche se définissent par leur relation mutuelle, c’est que cette relation est orientée à son tour relativement à notre corps. Ici, comme en physique quantique, seul un supplément de philosophie relationnelle permet de résoudre les énigmes des relations. Seule la reconnaissance de notre situation à l’intérieur du réseau interconnecté du monde lève les paradoxes nés du rêve de le voir comme de l’extérieur. Le problème est qu’une résistance culturelle, dont le fil est retracé de Platon jusqu’à Russell, fait obstacle à l’indispensable radicalité de la pensée des relations. Une thérapie de cette résistance est cherchée dans la philosophie de Nâgârjuna, penseur indien du 11e siècle, auteur de référence de l’école bouddhique de la « voie moyenne ». Car cette philosophie, loin de minimiser la corelativité des phénomènes et leur absence (ou vacuité) de nature propre, la prend pour prémisse de sa tension éthique vers une manière d’être ouverte et disponible. Une réflexion originale permettant de comprendre comment une épistémologie peut avoir partie liée avec la quête existentielle.  Note de l’éditeur

Publication aux éditions L’Harmattan par l’Institut Charles Cros du livre « La Création, définitions & défis contemporains » sous la direction de Sylvie Dallet, Georges Chapouthier et Emile Noël, Paris, (2010).

L’Institut Charles Cros met l’accent sur les nouveaux défis de la créativité humaine tant en sciences, où le chercheur, « ce rêveur méthodique » selon Sylvie Dallet, doit s’ouvrir aux arts, à la mutation des savoirs, qu’en art où la création picturale, écrite ou musicale absorbe, filtre, décante les découvertes de la science contemporaine. Ce qui les relient ? A la fois, la recherche d’une transversalité et d’une éthique commune, les chercheurs ouverts étant aujourd’hui enfin convaincus qu’il faut dépasser les clivages et aller enfin vers la transdisciplinarité. Mais ce livre ne se contente pas d’amorcer le dialogue, il pousse le lecteur à découvrir des univers qui habituellement se disjoignent, l’entraînant aux frontières du cerveau créateur (Bongiovanni, Chapouthier), à mesurer les liens entre l’image et la poésie ou l’art cinématographique (Braffort, Dallet), à intégrer l’historicité du vivant (Genermont, Le Taillanter) comme de l’humanité (Arnould, Ferro, Genermont, de Lamberterie, Jacquot, Watteau) ou encore à pénétrer « au bord du chaos » (Heudin, Boulanger) par le biais des structures géométriques ou des émergences de formes. L’interrogation psychanalytique n’est pas en reste avec E. Noël ou G. Maurey, tandis que d’autres aspects abordent le plan des valeurs culturelles, de la chorégraphie, du théâtre ou encore de l’art culinaire (This). On voit bien à cet énoncé la richesse de l’ouvrage et aussi l’impossibilité de le résumer (plus d’une vingtaine d’essais originaux de chercheurs et d ‘artistes polyvalents). Ce qu’on peut dire, c’est qu’il reflète non pas un énième état des lieux de la création contemporaine, mais le fait que c’est la création elle-même qui est fédératrice et motrice au sein des disciplines. Et ce livre en est la preuve, faisant fi des tabous sur la religion, perçant la créativité du vivant, unissant art et science dans ce qu’ils ont de fécond, montrant des hommes qui s’interrogent sur la sémantique du monde, sur les mythes et la volupté de la création.  Note de M-W Debono

Publication aux éditions Ellipses du livre « Des fleurs pour Schrödinger » de Jean Chaline, Laurent Nottale et Pierre Grou, Paris, (2010).

Ce livre développe une nouvelle représentation du monde, la nouvelle théorie de la « relativité d’échelle », qui prend en compte par construction toutes les échelles de la nature. Le « principe de relativité d’échelle » postule que les lois fondamentales de la nature doivent être valides quel que soit « l’état d’échelle » du système de référence. Il complète ainsi le « principe de relativité » de Galilée, Poincaré et Einstein qui s’appliquait seulement aux états de position, d’orientation et de mouvement. Dans son cadre, la géométrie « courbe » de l’espace-temps de la relativité d’Einstein peut être généralisée à un espace-temps fractal. La loi fondamentale de la dynamique prend, dans une telle géométrie, une forme quantique, en particulier celle de l’équation de Schrödinger, qui peut être généralisée pour ne plus forcément dépendre de la constante microscopique de Planck, ce qui permet d’envisager l’existence d’effets quasi quantiques macroscopiques d’un type nouveau. Cette théorie a des applications potentielles multiples et certaines de ses prédictions ont été testées avec succès, en astrophysique (structures gravitationnelles, en particulier exoplanètes), en cosmologie (constante cosmologique), en physique (constante de couplage forte), en paléontologie (arbre de l’évolution) et en économie (chronologie évolutive des sociétés). En biologie enfin, elle permet une nouvelle approche de la question de l’auto-organisation et de la formation et l’évolution de structures.  Note de l’éditeur

Publication aux éditions Gallimard de «Philosophie de la relation », d’Edouard Glissant (2009).

Parmi les échanges incessants qui se nouent sur le plan culturel, le Tout-Monde tient une place essentielle. Hier, cinq continents, quatre races, plusieurs grandes civilisations reliées par des périples et des découvertes nombreux, des conquêtes étendues… Aujourd’hui, qu’en est-il de cette totalité ? Des archipels à la place des continents, une floraison de cultures au sein desquelles chaque détail compte. Plus de race mais ‘des rencontres multiples qui ouvrent au grand large’. La poésie seule peut rendre compte des emmêlements humains et culturels, aussi inattendus qu’inextricables. Dans ce contexte nouveau comment envisager le rapport à l’autre ? Edouard Glissant en appelle dans le présent essai à une ‘philosophie de la relation’ qui se fonde sur la différence. Il y expose le refus de l’identique et de l’universel qui ont provoqué tant de dominations et de crimes coloniaux. Il y défend une diversité consentie, une créolisation du langage, la mondialité comme face vivante d’une culture mondiale partagée, le tremblement du monde comme annonce d’un ‘nouvel imaginaire’, en d’autres termes de nouvelles littératures. Dans ce livre, l’auteur propose la poésie comme pensée archipélique, pensée de l’errance, du tremblement, de l’imprévisible essentiellement non agressive, mais toujours corrosive.
Note de l’éditeur/Evenement.fr

Publication aux éditions de l’Atlantique de « L’expérience poétique », Sarawasti n°10, Jonzac (2009).

Sylvaine Arabo réussit l’exploit de réunir dans cette revue exceptionnelle un panel de 51 poètes d’aujourd’hui sur la question centrale de l’expérience poétique. Tour à tour interrogés sur les missions de la poésie, leur quête intime du mot, ce qui les a conduit à écrire spécifiquement des poèmes, quelle en est la genèse, quels en sont les modes opératoires, comment se définissent-ils comme poètes, des auteurs comme J. Ancet, B. Grasset, P. Domenech, A-L Blanchard, J-F Hérouard, R. Nadaus, G. Fredenkraft, M-W Debono, J-F Crespel, E. Hiriart, M. Cosem, J. Canut, pour ne citer qu’eux, donnent en toute sincérité la réplique. Le questionnaire est entrecoupé de poèmes inédits, de graphismes, de pastels et notamment des gravures originales de H. & S. Jean. Tout cela conduit à un témoignage unique tout au long de quelques deux cent pages dévoilant le processus d’écriture dans sa modernité, dans des espaces-temps revisités. La parole est enfin donnée ici aux poètes contemporains, non pas sous la forme d’une énième anthologie hantée par leurs pairs, saupoudrant leurs talents, mais dans un esprit de découverte qui interroge, rebondit, montre à la fois l’éternel travail dans la langue et l’avenir de la poésie. C’est une exégèse dont le monde câblé d’aujourd’hui a grandement besoin.  Note de M-W Debono

Publication aux éditions Belin de l’ouvrage « Kant et le chimpanzé », de Georges Chapouthier, Paris (2009).

Nous, êtres humains, sommes issus d’une longue évolution, minérale et cosmique d’abord, biologique et terrestre ensuite. Pour certains, nous aurions définitivement rompu avec un héritage ancestral qui faisait de nous des bêtes. Nous seuls serions capables du sens du bien et du sens du beau. Nous seuls serions doués de morale. Il existerait ainsi un fossé infranchissable entre le grand philosophe Emmanuel Kant et nos cousins les chimpanzés ! Ou bien, au contraire, faut-il considérer que la morale et l’esthétique chez l’homme plongent leurs racines dans le terreau de la « nature » ? Les animaux ne sont-ils pas eux aussi capables de dévouement pour leurs proches ? Nos cousins les primates ne peuvent-ils pas éprouver eux aussi des sentiments en face d’une belle (d’un beau) chimpanzé ? Bref, la découverte des « cultures animales » n’amène-t-elle pas à concevoir davantage de continuité entre l’homme et l’animal ? En s’appuyant sur les connaissances les plus actuelles de l’éthologie et de la biologie, l’auteur s’attache à démontrer ce que nous devons à l’animalité et ce qui fait notre être propre. C’est une nouvelle vision de l’être humain qu’il propose.  Note de l’Editeur

Publication aux éditions La Part de l’œil, de l’ouvrage « Ce qui fait danse : de la plasticité à la performance », Dossier n°24, avec la participation de Michel Guérin, Rémi Labrusse, Chaké Matossia & Luc Richir, Bruxelles (2009).

Ce volume espère dégager une esthétique de la création, de l’acte créateur, partant à la fois des tentatives les plus récentes de la danse pour se donner un espace de pensée et des nombreuses interactions entre le champ de la danse et celui de la plasticité, qui tous deux se confrontent aux notions de forme et de figure, aux relations du mouvement et du tracé par exemple. Le titre de l’article de Michel Guérin résume sans doute au mieux ce volume : “D’un danser de l’art”, postulant que la danse « est le paradigme, pour ainsi dire matriciel, de tout comportement de type esthétique » et fournit le schème de toute poïétique des arts. On ne s’étonnera pas dès lors de croiser ici des références à Ravaisson, Bergson, Valéry entre autres. Ce sont également un certain nombre de topos qui sont revisités : Rémi Labrusse reprenant dans un superbe article la question complexe des rapports de Matisse à la danse, Chakè Matossian interrogeant les relations à la danse et aux ballets chez Fernand Léger, Luc Richir se saisissant de la volte de Camille Claudel sans compter les différents auteurs qui abordent les liens étroits se nouant avec la pensée de la plasticité à chaque fois que la danse se fait performance.  Note de l’Editeur

Publication aux éditions Kimé du livre de Patricia Signorile « Le cadre de la peinture », Paris (2009).

Le cadre invente la peinture et contribue à la naissance d’un concept qui a révolutionné les domaines du religieux, du politique et de l’imaginaire. Consacrés par la maîtrise de la perspective, l’évolution de la position sociale du peintre et les instances de pouvoir, la peinture et ses artifices servent de métaphore à la représentation jusqu’à renoncer devant la photographie. Dès qu’il est devenu un objet autonome, le tableau dans son cadre contient virtuellement les prémices des crises qui suivront. Des théories platoniciennes qui condamnent la peinture comme incapable de produire des vérités, jusqu’au dogme romantique qui attribue à l’art la capacité d’exprimer la vérité de l’intériorité, c’est bien la réflexion inaugurale d’Alberti qui fonde  » un examen tout à fait nouveau de l’art de peindre.  » La théorie de la vision développée dans les écrits de Descartes, corrobore les modalités de cet apparaître pour le moins paradoxal puisqu’il décline l’être de la situation dans la situation. L’art, qui fut langage commun de l’inaction sociale, comme l’écrit Guy Debord dans La société du spectacle, se constitue en entité indépendante dès qu’il émerge de son univers religieux, et devient une production individuelle d’oeuvres autonomes. Mais il marque alors le commencement de sa dissolution et de sa désagrégation qui se réorganisent dans le spectaculaire intégral de la société contemporaine   Note de l’éditeur

Publication aux éditions Liber du livre de Basarab Nicolescu : « Qu’est ce que la réalité ? » Réflexions autour de Stéphane Lupasco, Québec, Canada (2009).

«Le mot “réalité” est un des plus prostitués de toutes les langues du monde. Nous croyons tous savoir ce qu’est la réalité mais, si on nous interroge, nous découvrons qu’il y a autant d’acceptions de ce mot que d’habitants sur la terre. Il n’est donc pas étonnant que les conflits sans nombre agitent sans cesse les individus et les peuples: réalité contre réalité. C’est une sorte de miracle que, dans ces conditions, l’espèce humaine existe encore. Plus de soixante ans après l’affirmation de Wolfgang Pauli, un des fondateurs de la mécanique quantique: “[…] la formulation d’une nouvelle idée de réalité est la tâche la plus importante et la plus ardue de notre temps”, cette tâche reste inaccomplie. Et pour illustrer cette quête, je prends, comme cas exemplaire, l’œuvre de Stéphane Lupasco (1900-1988). J’ai eu le privilège de partager l’amitié de Lupasco de 1968 à sa mort. Ce livre voudrait prolonger nos échanges intellectuels et spirituels au-delà de ce terme. En effet, la pensée de Lupasco est un système ouvert, soumis à un perpétuel questionnement constructif. Elle nous aide à avancer vers une sagesse en conformité avec les défis majeurs de notre siècle.»   Extrait du livre

Publication aux éditions Thalia du livre de Camille Coppinger : « Ambre, mémoire du temps », Collection Patrimoines du monde, avec la participation d’André Nel et de Georg Laue, Paris (2009).

Premier livre d’art de référence sur l’ambre jamais publié en France, cet ouvrage exceptionnel réunit l’ensemble des connaissances historiques, artistiques, géographiques et scientifiques sur cette matière fascinante. Très richement illustré, ce beau livre offre aux amateurs éclairés, aux collectionneurs comme aux néophytes un panorama complet de l’épopée de l’ambre depuis son origine. De la préhistoire à nos jours, l’ambre n’a en effet cessé d’être un sujet d’interrogation et d’admiration pour l’homme, de nourrir son imaginaire et de susciter sa création. Amulette ou talisman, chapelet ou bijou rare, objet usuel ou précieuse marqueterie, aucune autre matière n’est comme l’ambre présente dans toutes les formes de l’art décoratif, traditionnel ou populaire, à travers le monde. Les modes varient avec les cultures et les moeurs, cependant les qualités singulières de la « résine magique » n’ont guère évolué depuis l’aube de l’humanité. Ses vertus secrètes traversent le temps et les civilisations, immuables et enracinées pour toujours dans le mystère que l’ambre porte en lui. Ce livre est une invitation à la découverte : celle de l’ambre, de son aventure et de sa présence dans toutes les formes d’expressions artistiques. Les auteurs : Camille Coppinger est fascinée par l’ambre, son aventure et ses énigmes, elle est devenue au fil du temps une collectionneuse passionnée. La curiosité et l’étude de la « mystérieuse résine » l’ont conduite à approfondir ses connaissances en parcourant le monde à la recherche de l’ambre sous toutes ses formes : pierres brutes ou polies, bijoux traditionnels ou objets insolites. Avec cette histoire complète de l’ambre, Camille Coppinger vous propose de partager son expérience en vous entraînant dans une passionnante traversée du temps… André Nel, paléo-entomologiste au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris est spécialiste de l’étude des insectes fossiles et plus particulièrement de la faune dans l’ambre. Auteur de plus de 350 publications, André Nel apporte à cet ouvrage un regard scientifique sur les mystères de l’évolution. Georg Laue, historien de l’art et grand collectionneur allemand, spécialiste des cabinets de curiosité et des objets en ambre de l’époque baroque. Sa contribution éclaire la période de « l’ âge d’or » de l’ambre en Europe.  Note de l’éditeur

Publication aux Presses Polytechniques & Universitaires Romandes du livre de Michael Esfeld «Philosophie des Sciences», Lausanne (2009).

Ce livre est une introduction à la philosophie des sciences qui se veut accessible aux étudiants. Il résume l’état actuel de la connaissance, en présentant les différents concepts et en proposant une évaluation des résultats fondés et des questions majeures qui restent ouvertes. Il vise à contribuer au développement d’une nouvelle philosophie de la nature qui prend en considération les théories scientifiques, cherchant à élaborer sur leur base une vision de l’ensemble de la nature: il utilise à cet effet les outils conceptuels de la philosophie analytique. La première partie de l’ouvrage dresse un bilan du débat entre l’empirisme logique et ses critiques. La deuxième partie, la partie principale, présente les principaux sujets de la métaphysique de la nature en se focalisant sur la philosophie de la physique. La troisième partie traite les thèmes de l’unité de la nature ainsi que l’unité des sciences. Cette deuxième édition intègre de nouvelles réflexions sur les fondements physiques de la causalité. Elle ne considère pas la philosophie de la biologie, qui sera spécifiquement traitée dans un ouvrage à paraître prochainement chez le même éditeur. Chaque chapitre contient un appareil pédagogique avec résumé, questions d’évaluations et propositions de travail, et l’ouvrage est complété d’un glossaire et d’une bibliographie exhaustive: il est donc particulièrement adapté à un support de cours.   Note de l’éditeur

Publication aux Presses Polytechniques & Universitaires Romandes du livre de Libero Zuppiroli, Marie-Noëlle Bussac, avec les photographies de Christiane Grimm : « Traité de la lumière » (2009).

Le Traité de la lumière se présente à la fois comme un livre de science et un livre d’art. En cultivant cette double allégeance, les auteurs ont cherché à exorciser les aspects les plus durs de la technoscience d’aujourd’hui. Or la lumière se prête bien à cet exercice car elle est source de toute vie et de toute énergie; à la manière des divinités hindouistes, elle se présente à l’homme sous de nombreux avatars dont chacun s’enrichit de multiples sens scientifiques et métaphoriques. La première partie de l’ouvrage est ainsi destiné à un public non spécialisé curieux de comprendre la diversité du phénomène lumineux et privilégiant les côtés les plus créatifs de cette investigation, à la fois dans les sciences et dans les arts. La seconde partie, destinée à des lecteurs plus scientifiques, complète l’exploration de la lumière par quelques développements mathématiques importants qui associent cette étude d’une manière plus rigoureuse. Richement illustré, tout comme le Traité des couleurs des mêmes auteurs, ce livre bénéficie de la contribution photographique originale de Christiane Grimm.  Note de l’éditeur 

Publication aux éditions Ellipse du livre d’Eric Combet : « L’Art ou la plasticité de l’esprit » (2008).

Commencer par une analyse des Ménines, c’est recommencer là où Foucault, lui-même, commença. Pourquoi ? Parce que Les Ménines sont en elles-mêmes un commencement : elles actualisent la puissance essentielle de l’art. Il s’agit de montrer que le tableau de Velázquez met en œuvre un regard divin, protecteur de l’infante Marguerite dans un moment particulièrement sombre de l’histoire de l’Espagne. Cette actualisation de la peinture comme vision divine permet d’illustrer une première fois la thèse qui sera celle de tout l’ouvrage : l’art est l’activité par laquelle l’homme, au lieu de se fixer en son humanité, la dépasse dans l’immanence même en se dianouménalisant, c’est-à-dire en traversant (dia) les formes culturelles et historiques déjà réalisées de l’esprit (noûs). Cette éprouvante, mais féconde, plasticité de l’esprit ne cesse, selon l’auteur, de s’affirmer au cours du temps : elle est déjà présente, ignorante d’elle-même, dans l’art préhistorique. Elle connaît une actualisation particulièrement éprouvante et tragique avec l’art gréco-romain (la peinture grecque, mais aussi les figures d’Achille, d’Ulysse, d’Œdipe, d’Antigone, font ainsi l’objet d’une approche interprétative nouvelle, très éloignée de l’idée hégélienne de la belle unité). Enfin, avec nous, aujourd’hui, cette plasticité débouche sur une déshominisation de l’existence consciente d’elle-même (l’épianthropisme). À la lecture de ce livre, qui hégélianise contre Hegel et maintient l’effort d’une pensée universalisante, on sera peut-être conduit à penser que notre histoire – celle de l’art – fut plus audacieuse qu’on ne le croit, et que notre temps est, quant à lui, moins relativiste et finissant qu’on ne le dit. Prix Araxie Torossian 2006. Note de l’éditeur

Publication aux éditions L’Harmattan du livre de poésie « L’Epissure des Mots » de Marc-Williams Debono, Paris (2008).

« Souvent des pensées surgissent d’on ne sait où… » Ainsi débute ce livre qui cherche à dévoiler un nouvel espace de pensée, tantôt enfoui dans nos souvenirs troglodytes, tantôt habité par le phénix des interstices, ce monde tu, à la lisière et au-delà de qui ne nous quitte jamais. Sourd alors comme un murmure, une texture, une once de chair et trois volutes, ce lien ténu qui nous fait homme de paille et homme du tout. En émerge cette étonnante plasticité des mots, qui, dans ce qu’elle évoque – nouures et formes épissées –, dans ce qu’elle traverse – la plaie d’Eve ou le fond de l’amphore – et dans ce qu’elle fomente – un mouvement infime de l’épicentre noétique – donne accès au faîte du miroir. A chacun d’y trouver sa voie.   Note de l’éditeur 

Publication aux éditions L’Harmattan du livre « Chroniques de l’étonnement – De la science au poème – de Maurice Couquiaud, Paris (2008).

Le devenir de chacun est tissé de ces explorations, de ces extensions feutrées, de ces tâtonnements à l’aveuglette, de ces approches furtives qui sont parfois des rencontres miraculeuses… Nous vivons une époque de migrations et il est bon que l’intelligence, elle aussi, soit migratrice, capable de s’adapter à de nouvelles situations, à des domaines encore en friche… Mais qu’est-ce que l’étonnement sinon le stade suprême de la curiosité ? De ce désir insatiable en l’homme depuis Adam de forcer le coffre-fort de l’irrévélé, de soulever le masque du caché, de perquisitionner dans l’inconnu ? Extraits de la préface de Charles Dobzynski. Ne nous trompons pas sur Maurice Couquiaud. Sous son apparence bonhomme tranquille se cache un révolutionnaire. Je prédis que les jeunes du 22e siècle, qui vont vivre, je l’espère, dans une nouvelle culture – la culture transdisciplinaire, fondée sur l’unité de la connaissance – vont découvrir en Maurice Couquiaud un des précurseurs de cette nouvelle culture, qui va leur permettre d’espérer, de rêver et de bâtir. Extrait de l’avant-propos de Basarab Nicolescu.  Note de l’éditeur

Publication aux éditions L’Harmattan du livre « Entendre l’esthétique dans ses complexités » de Louis-José Lestocart (2008).

D’où naissent les formes ? Et, au-delà, qu’est-ce que l’acte de percevoir, de penser, d’écrire ou de créer et surtout d’interpréter ? La science, depuis Aristote et Leibniz, s’est beaucoup penchée sur la question de la naissance des formes (Goethe, D’arcy Thompson, Turing, Thom, Prigogine, Crutchfield). Ces études ont été à la fois à l’origine de nouvelles techniques et de nouvelles pensées – comme la science des systèmes, l’auto-organisation -, et de nouvelles valeurs fondamentales (rétroaction, récursivité, downward causa­tion). Ces découvertes prenant leur essor à la fois dans le champ mathématique, physique, informatique, biologique et épistémolo­gique, ont cependant très tôt côtoyé des préoccupations esthétiques. Tout au long de l’histoire du XX° siècle, des artistes aussi différents que Duchamp, Kandinsky, Valéry, Schwitters, Cage, Rauschenberg, jusqu’à des artistes plus récents, se sont nourris à ces découvertes ou, même, quelques fois, les ont anticipées. C’est cette histoire qui veut être contée ici. Elle s’entend via la Complexité et ses formes d’émergences. L’enjeu étant de tracer l’idée d’une inséparabilité, au moins épistémologique, entre Art et Science : Unitas multiplex selon Valéry.  Note de l’éditeur

Publication aux éditions Hampton Press du livre: « Transdisciplinarity : Theory and Practice » dirigé par Basarab Nicolescu (2008).

In this fascinating volume, the contributors make it very clear that far from being a faddish and superficial phenomenon, transdisciplinarity is potentially the foundation for a new, and much needed, approach to inquiry. Transdisciplinarity goes beyond the dualism of opposing binary pairs: subject/object, subjectivity/objectivity, matter/consciousness, nature/divine, simplicity/complexity, reductionism/holism, diversity/unity which have marked the history of ideas for millennia. Because transdisciplinarity is radical, in the sense that is goes to the roots of knowledge, and questions our way of thinking and our construction and organization of knowledge. It requires a discipline of self-inquiry that integrates the knower in the process of knowing. Nicolescu’s vision of transdisciplinarity, and that of the international contributors to this volume, goes beyond cognicentrism and the focus on analytic intelligence to propose a new type of intelligence that reflects a harmony between mind, feelings, and body.

Contents: Foreword, Alfonso Montuori. In Vitro and In Vivo Knowledge–Methodology of Transdisciplinarity, Basarab Nicolescu. The Reform of Thought, Transdisciplinarity, and Reform of the University, Edgar Morin. Transdisciplinarity and the Plight of Education, Giuseppe Del Re. Transdisciplinarity, a Path toward Peace: An Impossible Interview with a Poet, Antonella Verdiani. The Hidden Hand between Poetry and Science, Michel Camus. Levels of Being and Reality–Ancient Indian Perspective, Kesiraju Venkata Raju. Where Are You Based ? Jan Visser. Towards an All-Embracing Optimism in the Realm of Being and Doing, Maria de Mello. Transdisciplinarity and a More Meaningful Past, Donald A. Yerxa. Perception of Time and Continuity of Development in Transdisciplinarity Perspective of Cultural Heritage, Paulius Kulikauskas. Prologemena for a Transdisciplinarity Approach to Esotericism, Karen-Claire Voss. Transnational Society as a Reasonable Utopia, Paul Ghils. On the Transmutation of « Violence » into Creative Energy, Jean-Francois Malherbe and Claude Liberson. Ethics and the Interplay between the Logic of the Excluded Middle and the Logic of the Included Middle, Diane Laflamme. The Logic of Transdisciplinarity, Joseph E. Brenner. Transdisciplinarity Approach in Therapy, Roberto Crema. Transdisciplinarity: A New Approach to Metadynamics and Consciousness, Marc-Williams Debono. Scientific Research, Fragmentation, and Self-Awareness, Richard Welter. The Social Construction of Biotechnology: A Transdisciplinarity Approach, E. Haribabu. Transdisciplinarity Potentials of Information, Marilena Lunca. Transdisciplinarity Interface in Cyberspace, Rene Berger. On Connection and Community: Transdisciplinarity and the Arts, Rosemary Ross Johnston. Design Studies: A Transdisciplinarity Perspective, Francois-Xavier Nzi iyo Nsenga. Is Transdisciplinarity a New Learning Paradigm for the Digital Age? Ron Burnett.  Note de l’éditeur & Lien où vous pouvez acheter le livre

Parution aux éditions Academia Bruylant (collection Science, éthique & société) du livre : « Les théories du langage au XXème siècle. De la biologie à la dialogique », un livre de Paul Ghils (2008).

Au début du 21e siècle, les questions fondamentales posées par les grandes écoles linguistiques du siècle passé restent actuelles dans les sciences du langage, les philosophies du langage et les sciences humaines. Les théories liées au substrat biologique du langage, aux conditions de la communication, au statut des langues dans l’imaginaire des communautés, aux mécanismes logiques qu’elles mettent en oeuvre, à la traduction des cultures dans le cadre dialogal et interculturel comme à leur affrontement rhétorique trouvent dans les écoles linguistiques des réponses diverses, sinon contradictoires. Leurs présupposés posent la question de leur compatibilité et de la possibilité d’une science globale du langage. Les diverses théories proposent par ailleurs des conceptions du sujet, de la pensée, de la société, des interactions langagières qui mettent en lumière l’instabilité des frontières disciplinaires et l’inachèvement de la modernité. La possibilité d’une conception intégrative du langage et d’une épistémologie plurielle est à ce titre liée aux interrogations politiques et éthiques du devenir humain dans ses expressions les plus contemporaines.  Note de l’éditeur

Parution aux éditions Springer-Verlag du livre “ Logic in Reality : A la redécouverte de Stéphane Lupasco: La Logique de la Transdisciplinarité, ” de Joseph E. Brenner (2008).

« Logic and metaphysics are intimately connected, as major philosophers such as Kant and Wittgenstein have always been aware. Moreover, there is no reason to believe that contemporary views in logic and metaphysics do full justice to either topic. Brenner’s book, Logic in Reality, presents a distinctive picture of logic, metaphysics, and their inter-connection. Drawing on Stéphane Lupasco’s notion of a T-state, a sui generis, quasi-physical state emergent between opposites, Brenner provides a theory of scope that matches some of the classics of 19th century Dialectics. His book serves as a timely reminder that speculative philosophy can, and perhaps even should, strive to go beyond the bounds of current orthodoxies. » Graham Priest, The University of Melbourne, Australia. « This book is a revelation, for the English-language reader, of the extraordinary potential of the work of the great French philosopher, Stéphane Lupasco (1900-1988). In an astonishing transdisciplinary synthesis, the author develops a remarkable series of extensions and applications of this work to current issues in logic, ontology and science. » Basarab Nicolescu, author of Manifesto of Transdisciplinarity. Note de l’éditeur, plus de détails sur le site

Publication de « Culture & cultures », sous la direction de Réda Benkirane et Erica Deuber Ziegler, avant-propos d’Edgar Morin, Gollion: Infolio éditions / Genève: Musée d’ethnographie, collection tabou 3 (2007).

Ce livre collectif témoigne de l’éclatement actuel des sens que peut recouvrir la notion de culture et de ce que peut signifier pour un musée d’ethnographie le fait de traiter de cultures lointaines et proches à travers des objets et des thèmes d’ailleurs et d’ici, du passé et du présent. À quelle culture contribue un musée d’ethnographie en parlant de ces différentes cultures? Cette quête et cette interrogation interviennent dans une période de crise où il y a nécessité de redéfinir, d’une part, la fonction muséographique et, d’autre part, le travail anthropologique selon des pistes et des champs d’exploration nouveaux. Culture & cultures réunit ainsi quinze auteurs qui témoignent de leurs expériences muséographiques, apportent des éclairages variés et complémentaires et, enfin, exposent leurs interprétations qui ne manquent pas, parfois, d’être divergentes ou concurrentes entre elles.  Note de l’éditeur

Parution aux éditions Actes Sud du « Syndrome de Diogène -éloges des vieillesses- », un livre de Régine Detambel (2007).

La question du vieillissement de la population en Occident a, entre autres effets, celui de nous obliger à nous défaire rapidement des idées reçues sur la vieillesse et, par voie de conséquence, à réviser nombre de propos conventionnels tenus sur la beauté, les amours ou la sexualité sénescentes. Au fil de la méditation à laquelle elle se livre dans cet essai aussi stimulant que subtil, Régine Detambel convoque à la fois son intime fréquentation de la problématique du corps et les références que lui prodiguent une vaste érudition littéraire, pour montrer notamment comment des créateurs, en offrant à l’humanité des œuvres majeures conçues dans leur grand âge, nous donnent sans doute, à travers elles, la seule leçon de vie qui vaille.   Note de l’éditeur

Parution aux éditions des Presses Universitaires de L’Université Laval de « L’être humain, l’animal et la technique » (sous la direction de Marie-Hélène Parizeau et Georges Chapouthier). Contributions de André Beauchamp, Florence Burgat, Georges Chapouthier, Béatrice de Montera, Sonia Desmoulin, Richard Foltz, Jean-Yves Goffi, Annie Ibrahim, Catherine Larrère, Dominique Lecourt, Marie-Hélène Parizeau (2007).

La technique «animalise»-t-elle l’être humain? La technique ­«humanise»-t-elle l’animal? Dit autrement, la technique vient-elle «mélanger» l’être humain et l’animal en effaçant les repères biologiques et les limites éthiques? Animaux transgéniques pour les xénogreffes humaines, ­moutons et chats clonés, chimères animales issues de cellules souches embryonnaires humaines, hybrides animal-humain se multiplient depuis une quinzaine d’années. Ces «animaux-là» sont-ils des artefacts de ­laboratoire, des objets brevetables ou des monstres? À l’opposé des animaux «sauvages» d’une nature intacte, appartiennent-ils au monde domestiqué de la culture moderne et de la technique? Ces «animaux-là» nous obligent à poser la question philosophique de la frontière entre l’être humain et l’animal. Faut-il sauver la ­«nature humaine» et l’essence de l’animal, s’ouvrir à toutes les transformations d’un post-humanisme ou encore penser une continuité entre l’être humain et l’animal? Telles sont les pistes explorées dans cet ouvrage collectif.  Note de l’éditeur

Parution aux éditions Des Idées et des Hommes (collection Convictions Croisées) du livre « Les dialogues stratégiques – Mieux comprendre la complexité et l’évolution du monde » sous la direction de Véronique Anger, préfacé par Joël de Rosnay (2007).

« Les Dialogues stratégiques. Mieux comprendre la complexité et l’évolution du monde” est une compilation des textes les plus marquants publiés dans les publications en ligne « Les Di@logues Stratégiques » et « Des Idées & des Hommes » entre 2000 et 2006. Dans cette compilation, articulée autour de 4 grands thèmes : Penser la Terre, penser l’Humanité, penser la Science, penser la Spiritualité, le philosophe retrouve l’économiste ou le biologiste, et la vision de chacun contribue à éclairer notre avenir en essayant de construire des futurs possibles. L’idée est de mettre en valeur l’originalité de chaque intervenant tout en conservant un fil directeur qui renforce et enrichit chaque témoignage. A travers les regards croisés d’une trentaine de penseurs-phares issus d’horizons différents : l’ancien grand Maître du Go Gilbert Abergel, le professeur Etienne-Emile Baulieu, le grand Rabbin Gilles Bernheim, le recteur Dalil Boubakeur, la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé, le chef Alain Ducasse, Henri de Grossouvre, le professeur Axel Kahn, le romancier et consultant en stratégie internationale Percy Kemp, Monseigneur Stanislas Lalanne, le professeur Luc Montagnier, le sociologue et philosophe Edgar Morin, le chercheur du MIT Nicholas Negroponte, l’économiste René Passet, l’astrophysicien Hubert Reeves, Joël de Rosnay, le fondateur du « Groupe des 10 » Jacques Robin, l’éditeur André Schiffrin, l’ancien champion automobile et député européen Ari Vatanen, le philosophe Patrick Viveret,… cet ouvrage souhaite apporter un éclairage transdisciplinaire sur les nouveaux espaces de savoir et les grands enjeux de société qui fondent les sociétés de demain. Ce livre exprime une réelle volonté d’interprétation des changements majeurs scientifiques, technologiques, philosophiques, spirituels et de leurs impacts sur l’Homme et son évolution. Des mutations sociales et culturelles, ainsi que de nouvelles connaissances, émergent. Nous devons les prendre en compte et montrer qu’un autre monde est possible. ‘Tout le défi de ce livre : aborder les grandes questions posées par la complexité de monde, tenter de construire des futurs possibles, tenir compte de la démarche éthique, et ceci en respectant l’apport de visions différentes proposées par des professionnels appartenant à des milieux très divers : haut fonctionnaires, médecins, chercheurs, philosophes, économistes, prospectivistes, sociologues, politiques… ‘ Joël de Rosnay ».   Note de l’éditeur

Parution aux éditions L’Harmattan du livre « Philosophie des sciences de la matière » de Ludovic Bot (2007).

« La science a pris des allures de tour de Babel en s’émiettant en d’innombrables disciplines sur-spécialisées. Au point qu’on peut se demander si les scientifiques poursuivent encore un idéal de connaissance, que l’on prétendait jadis universelle. De fait, l’aventure scientifique moderne pourrait se terminer de la même façon que le récit biblique, le brouhaha des langues et l’incapacité des hommes à se comprendre faisant échec à leur tentative de toute puissance. Cet éclatement de la connaissance entretient deux idées qui font notre post-modernité. Il ne serait plus possible pour un esprit d’aujourd’hui de maîtriser l’essentiel des connaissances scientifiques de son époque. Et du fait que la connaissance puisse dépendre de points de vue, nous concluons que les concepts d’objectivité, de vérité ou d’universalité n’ont plus d’avenir. Sans prôner de retour ni à l’encyclopédisme ni au réalisme naïf, ce livre part du principe que ces deux idées sont d’abord les conséquences de notre renoncement. Car l’éclatement de notre connaissance montre davantage les difficultés du sujet que l’état réel de nos connaissances. C’est le sujet, c’est-à dire nous, qui proclamons la synthèse impossible et délaissons la philosophie comme possible langue commune à toutes les raisons humaines. C’est donc en s’incluant comme sujet dans la réflexion et en cherchant l’élargissement philosophique qu’on propose ici une synthèse des connaissances contemporaines sur la matière. Entre l’ouvrage de vulgarisation scientifique et l’essai philosophique, ce livre aidera les étudiants en sciences à se faire une culture scientifique au-delà des restrictions que trop souvent leurs cursus leur imposent sous prétexte de professionnalisation et d’efficacité à court terme. Il aidera également les étudiants en philosophie ou en sciences humaines désireux d’intégrer les grands résultats des sciences de la matière dans leurs réflexions. Par sa volonté de réconcilier sciences et culture humaniste, le livre s’adresse également à toute personne consciente qu’il serait imprudent de se détourner de la science et de ses contenus sous prétexte d’une nécessaire critique des idéologies scientistes » .  Note de l’éditeur

Parution aux éditions Edisud du livre « Valéry et la Méditerranée » sous la direction de Patricia Signorile (2006).

« L’espace méditerranéen, qui réunit des cultures typologiquement différentes a été analysé par Valéry dans ses œuvres et ses Cahiers. Plusieurs interrogations émergent de cette réflexion : cet espace peut-il jouer un rôle d’ambition universelle unissant les Cultures de l’axe Nord à celles du Sud ? Selon quelles modalités ce rôle peut-il être précisé théoriquement et pratiquement sans pour autant sombrer dans des tentatives concrètes d’annexion, de subordination, de domination ? Les auteurs du présent ouvrage ont questionné l’œuvre valéryenne et, aujourd’hui encore, il semblerait que la lecture des Cahiers de Paul Valéry aide à décrypter l’impact sur notre modernité de cette Méditerranée qui ne cesse de « montrer le possible ». Co-Auteurs de l’ouvrage : R. Venture, A. Peire, H. Laurenti, M. Signorile, J-P Chopin, A. Henry, J-P Chausserie-Laprée, M. Allain-Castrillo, J-L Le Moigne, M-W Debono, J-M Jacono, P. Signorile, T. Gallibert.   Résumé de l’éditeur

Parution aux éditions Armand Colin du livre de Dominique Laplane « Penser, c’est à dire ? Enquête neurophilosophique » (2005).

« Alors que la physique a considérablement fait évoluer notre vision de la matière, dont la  » dématérialisation  » permet de formuler l’hypothèse selon laquelle l’expérience consciente ferait partie des  » matériaux de l’Univers « . Les apports de la neuropsychologie n’ont guère été exploités. Pourtant. nombre d’observations classiques témoignent de l’existence dune pensée sans langage, véritable référent du langage et gouverneur de la pensée langagière qui seule est complète. Sur cette base. analyse à l’appui, on s’aperçoit que bien des questions posées par le langage. qui restent au centre de la philosophie, se trouvent extraordinairement éclairées. avec un démenti frappant à la formule classique  » pas de pensée sans langage  » qui transformait ce dernier en un code auto-référentiel. Le gouvernement de la pensée complète par la pensée sans langage invite à restituer aux affects leur rôle moteur et la logique se trouve ramenée au simple rôle d’auxiliaire de la pensée. Dans le domaine de la conscience, la prise en compte de données telles que l’auto-désignation des jeunes enfants, les amnésies massives sans perte d’identité. les états de  » conscience vide « . etc.. plaide pour une relance de la réflexion. Associant ces bases factuelles indiscutables et la conception aujourd’hui la plus crédible selon laquelle notre cerveau est un système auto-référentiel, l’auteur conduit son enquête et la fait déboucher sur une réflexion sur les critères du vrai qui renoue avec la grande tradition spéculative ».  Résumé de l’éditeur

Parution aux éditions Albin Michel de l’ouvrage collectif « De la science à la philosophie : y a-t-il une unité de la connaissance ? » sous la direction de Michel Cazenave (2005).

« Dans une époque où, sous la pression d’une spécialisation de plus en plus poussée, les savoirs scientifiques ne savent même plus communiquer entre eux, où le divorce est établi entre la connaissance scientifique et la connaissance poétique, où les enseignements de la raison et ceux de l’expérience et de l’intuition sont considérés comme mutuellement exclusifs, c’était un défi de vouloir jeter des ponts entre des domaines aujourd’hui cloisonnés. Vouloir faire dialoguer des cosmologistes et des physiciens, des philosophes, des psychanalystes, des historiens des religions ou des spécialistes de la poésie mystique à partir d’une interrogation commune paraît relever de la transgression. C’est pourtant ce que cet ouvrage réussit. Les interrogations qui rassemblent les divers intervenants sont les suivantes : Et si, derrière la diversité des apparences, derrière la multiplicité des disciplines et des méthodes, il y avait quand même une unité fondamentale de la connaissance humaine ?Et si une traversée transdisciplinaire de tous les champs du savoir, conduite dans l’écoute mutuelle, mais sans aucune complaisance, et parfois dans la confrontation, nous conduisait malgré tout vers un point d’unité, si elle permettrait de réfléchir autrement, de penser et de chercher autrement, bref, de construire une nouvelle raison et une nouvelle conception du monde qui rendrait son sens à la vie et sa cohérence à l’univers humain ? Comme s’il y avait là le programme d’une nouvelle renaissance… Avec les contributions d e Isabelle Stengers, Roland Goetschel, Dominique Lambert, Edgar Gunzig, Lambros Couloubaritsis, Michel Cassé, Michel Bitbol, Michèle Porte, Michel Cazenave ».   Note de l’éditeur

Parution aux éditions Albin Michel de « C.Jung : le divin dans l’homme » Lettres sur les religions présentées par Michel Cazenave (2005).

« Toute sa vie, Carl Gustav Jung a travaillé sur les rapports subtils qui lient la psychologie et le sentiment religieux. Loin de voir dans la religion une phénomène d’illusion ou une forme sublimée de la névrose obsessionnelle, il a toujours considéré que la « fonction religieuse » était constitutive de l’inconscient. Cherchant à cerner avec le plus de précision possible cette dimension incontournable de l’âme, il en a décrit les représentations symboliques encore vivantes dans de nombreuses traditions spirituelles. Mais il a toujours refusé de se prononcer sur le « divin en soi », ou sur la vérité de quelque religion que ce soit. C’est dans sa correspondance que Jung s’est expliqué le plus clairement sur sa position à la fois rigoureuse et périlleuse concernant la religion. Ses lettres sur « l’image de Dieu », sur le christianisme, le judaïsme ou les spiritualités orientales, rassemblées et présentées ici par Michel Cazenave, révèlent l’authenticité d’un scientifique ouvert à l’expérience intérieure. (4eme de couverture) ». Résumé de l’éditeur

Parution aux éditions du Seuil du sixième tome de « La Méthode » Ethique : un livre d’Edgar Morin (2004).

« Ce sixième et dernier volume de ‘La Méthode’ constitue le point d’arrivée de la grande oeuvre d’Edgar Morin, traduite et reprise en édition de poche dans de nombreux pays. Cette oeuvre a fait de la complexité un problème fondamental à élucider et traiter ; depuis, elle a fait école et suscité un mouvement pour « réformer la pensée ». Si le devoir ne peut se déduire d’un savoir, le devoir a besoin d’un savoir. La conscience morale ne peut se déduire de la conscience intellectuelle. Mais elle a besoin de la conscience intellectuelle, c’est-à-dire de pensée et de réflexion. En effet, la bonne intention risque de déterminer des actions mauvaises et la volonté morale d’avoir des conséquences immorales ».  Résumé de l’éditeur

Parution aux éditions Peter Lang (Collection Philosophia Naturalis & Geometricalis) de « L’univers sans repos ou l’essence première du mouvement », un livre d’Eric Bois (2002).

« L’univers sans repos tourne autour d’une question centrale : pourquoi l’univers est-il en mouvement permanent ? Est-ce que son existence dépend du fait qu’il est précisément en mouvement ? le questionnement philosophique d’Einstein sur l’intelligibilité du monde, rejoignant à certains égard le sentiment aristotélicien sur la signification de la nature, est re-questionné dans un contexte scientifique et épistémologique très différent de celui de l’époque de Descartes, Kant et Laplace. L’interrogation philosophique sur la nature de l’univers se doit de prendre en compte l’étude scientifique actuelle sur l’univers de la nature. Il est notamment question dans cet ouvrage de processus de déploiement des possibilités dynamiques de la nature, de complexité croissante, de stabilité structurelle de la matière inerte et animée … Les résultats des travaux présentés ici conduisent à redéfinir en profondeur la notion de mouvement comme portant une racine ontologique que le temps ne connaît pas. C’est alors que la question de l’origine non assignable de l’univers, qui ne se résout pas à l’intérieur d’un ordre temporel, se présente comme une contribution possible à la question confuse du sens de l’univers, voire à celle de la place de l’homme dans l’univers. Par cet itinéraire de science et philosophie du mouvement, et dans une position d’ouverture à l’altérité de la nature, l’ouvrage développe les principes d’un univers sans repos. Ces principes d’existence instruisent le chemin d’une induction métaphysique où s’éclairent les questions ultimes quant au sens de l’univers, tout en vérifiant une immanence plénière de la nature ».  Note de l’éditeur

Parution aux éditions EDK de l’ouvrage: « Emotion et Musique » édité par Françoise Russo-Marie et Frédéric Rossille (2000).

« Ce livre comprend l’intégralité des textes des conférences données lors du débat présidé par Ruth Scheps qui a suivi le concert du compositeur Frédéric Rossille (pièces en trio: piano, violon, violoncelle) le 29 juin 2000 à la Cité Internationale des Arts de Paris. Cet événement a été coproduit par les associations Plasticités Sciences Arts (PSA) et Rencontres Art et Science. Après une préface de Françoise Russo-Marie et du compositeur, nous entrons dans le monde saussurien de la signification appliqué au phrasé musical avec un bel article du chef d’orchestre et professeur à l’Université de Brasilia Jorge Antunes sur « le sémantème musical ». Suit une incursion dans « l’espace ontologique de la musique et de l’émotion » réalisée par un ethnomusicologue et compositeur originaire de Léningrad, Sergueï Belimov, qui s’interroge sur l’universalité de la musique. Le carrefour suivant est celui entre l’art et la science. Il sera brillamment engagé par le médecin Christian Manuel qui décrit « la musique vue du cerveau » et les différentes sortes de représentations du percept musical: neuronale, mentale, lexicale et sémantique. Continuons notre route en abordant « l’émotion et la musique sacrée » dans l’histoire Occidentale grâce à la musicologue Sylvie Nicephor, puis « la sublimation pure » que Gabriel Fauré fait naître en nous grâce au talent de la psychanalyste belge Lili De Vooght. La magie se transporte alors vers l’art théâtral nippon du XVème siècle dans lequel la compositrice japonaise Hisako Ito nous plonge à l’aide d’extraits sonores et d’un témoignage vivant sur la musique de Nô. Enfin, le livre s’achève sur un essai très fouillé de Frédéric Rossille qui nous conte « la musique de nos émotions » sous tous ses angles: culturel, technique, intime, esthétique, sacré, avant d’atteindre la dimension du mystère et l’expérience de l’unité que l’art peut engendrer ». L’ouvrage est proposé à un tarif préférentiel pour les membres de PSA aux éditions EDK.  Note de lecture de M.W. Debono

Parution aux éditions La Nuée Bleue de « La légende maudite du vingtième siècle », un livre d’Anne Dambricourt préfacé par René Lenoir, Paris (2000).

« Cet ouvrage relate à la fois la découverte de la contraction crânio-faciale, le véritable « procès en sorcellerie » qui a suivi, et les engagements profonds de l’auteur en tant que femme et écrivain. La découverte scientifique en elle-même a des implications majeures, car elle décrit la détermination et la stabilité du processus de l’hominisation crânio-faciale dès l’embryogenèse avec un recul de 60 millions d’années, heurtant de plein fouet les dogmes du tout hasard. D’où la virulence des attaques néodarwinistes. Nous mettrons l’accent quant à nous, non pas sur ces polémiques, qui nous semblent démesurées et stériles, mais sur le fond. Les lecteurs relèveront d’eux-mêmes qu’il n’est jamais question dans ce livre d’être pour ou contre Darwin, que la sélection naturelle et l’oeuvre de Darwin n’y sont nullement remis en cause, que le débat est ailleurs. Des présupposés ? On en trouverait dans chaque camp. Michel Cazenave dit très justement à ce propos que « toute science…est déjà relative à un état de culture et à une conception donnée du monde ». Une histoire, un engagement religieux ou politique ? Qui est exempt ou peut se dire neutre dans l’élaboration d’une découverte ? Certainement pas Newton ou Einstein. Non, le fond du débat réside dans ce que le sujet, les origines de l’homme, est forcément brûlant, d’autant plus que c’est une femme revendiquant un statut non schizophrène qui en est le porte drapeau. Elle dit à plusieurs reprises clairement que « la pensée scientifique n’est pas inféodée à la foi, et la foi n’est pas le monopole d’une religion, elle n’est pas monopole tout simplement… » ou (…) « la découverte scientifique est une réponse humaine à une interrogation humaine, elle fonde de nouvelles questions qui vont à la fois dans le sens de la métaphysique et de la découverte scientifique, l’une accompagne l’autre. Elles ne se détruisent pas et ne sont pas inféodées l’une à l’autre. Ce n’est pas la science qui pose une question « métaphysique », la « science ne pense pas ». C’est un scientifique, qui avec sa conscience ontologique, se pose des questions sur le sens de sa découverte. » En effet, il ne faut pas confondre les niveaux de réalité, et le parcours d’Anne Dambricourt est exemplaire sur ce point, car il montre que toute objectivité pure est vaine, et à quel point tout amalgame est dangereux. Certains chercheurs s’interrogent sur le sens de leurs découvertes, d’autres pas, mais l’homme est un. A partir du moment où il n’y a ni falsification ni détournement des faits ou observations scientifiques, et tel est le cas, puisque Anne n’a pas hésité à soumettre ses travaux à la critique scientifique, dont certains, et non des moindres, comme Y. Coppens et R. Thom, n’ont pas manqué de relever l’importance, tout chercheur est fondé lorsqu’il refuse d’être coupé en morceaux. Ainsi, le combat singulier d’Anne l’a conduit a découvrir la contraction crânio-faciale (alors qu’elle était athée), à confronter ses théories aux pensées de Teilhard de Chardin du fait de la filiation historique entre la Fondation du même nom et le Muséum National d’Histoire Naturelle, à utiliser pour la première fois la théorie des systèmes dynamiques pour formaliser ses observations neuroanatomiques chez les primates et l’orthopédie dento-maxillo-faciale pour les concrétiser, et enfin à prendre peu à peu conscience du sens de la foi, de l’altérité, du rôle de la femme et de la mère, aussi bien dans sa destinée que dans celle des hommes. Il est vrai qu’il y a de quoi décontenancer les esprits purement cartésiens et irriter certains idéologues. Rappelons cependant que d’autres découvreurs comme Poincaré, Hadamard, Kepler, Schrodinger, Bohr, Newton et Darwin lui-même, ont clairement confié leurs propres doutes, croyances, émotions et interrogations profondes. En d’autres temps, Bruno a été brûlé pour son engagement ! Que reste-t-il de leur passage, ce sont des applications brutes, mais surtout les implications de leurs découvertes, dont Kuhn montre bien l’importance en terme de changement de paradigme (ce qui pourrait être le cas pour les théories de l’évolution). Ainsi la science académique a-t-elle occulté le rôle qu’a joué l’alchimie dans la découverte de Newton sur la gravité. Ainsi, et dans un registre différent, mais qui conduit encore aujourd’hui à certains grincements de dents, le passé d’aquarelliste de Pasteur n’a-t-il fait que peu de vagues. Ainsi, pour prendre des exemples contemporains, le cosmologue Luminet de poétiser sa quête de l’univers sans le moins du monde entacher la rationalité de ses découvertes scientifiques ou le philosophe Bergson de donner à réfléchir à des physiciens comme Prigogine. Toute vraie intuition ou découverte est inséparable d’une histoire singulière (fut-elle tortueuse) dans un temps singulier (contexte socio-historique). Elle a sa logique propre. La suprématie des faits, qu’elle soit issue d’observations fines de la matière ou d’un processus logico-déductif dont la dernière étincelle (l’intuition) fait mouche, finit toujours par éclater au grand jour. La sélection naturelle en est d’ailleurs un des meilleurs exemples. Ces considérations illustrent parfaitement la position éthique de PSA, à savoir une attitude pragmatique et ouverte, aucun esprit d’école (nous sommes autant opposés au sectarisme et au mécanicisme qu’au finalisme et au créationnisme), aucune idéologie (la liberté d’entreprendre et d’être sans à priori), un plaidoyer pour le décloisonnement des disciplines (notamment au carrefour entre l’art, la philosophie et les sciences, sans pour autant que ces disciplines soient confondues), et enfin le refus de fragmenter l’être et la connaissance. Il était important de le dire, et l’événement que constitue la sortie du livre d’Anne Dambricourt nous le permet.   Note de lecture de M-W Debono

Parution aux éditions Aubin (Collection Sciences et spiritualité, épistémologie) de « L’Ere des Plasticiens » – De nouveaux hommes de science face à la poésie du monde -, un livre de Marc-Williams Debono, St Etienne, 1996.

« L’assomption scientifique du réel ne serait-elle pas moins justifiée que celle de sa « préhension » poétique ? Le fonctionnement du cerveau en tant que représentation du monde n’est-il-pas assujetti à ma vision singulière de ce monde ? Les constantes alphabétiques du langage conscient comme du code génétique ne sont-elles pas garantes, à l’image des fractales de Mandelbrot, de la diversité d’expression comme de l’unicité du vivant ? Enfin, n’est-ce pas d’un troisième terme (l’état T, du tiers inclus décrit par Lupasco) qui annihile toute logique binaire, dont on aurait besoin afin de dépasser l’apparente contradiction physico-consciencielle ? Cet ouvrage présente une nouvelle logique évolutive, de nouveaux hommes, les plasticiens, qui, dès à présent, et plus encore demain, baliseront ces espaces frontaliers où chacun ne se reconnaît pas tout à fait encore, mais perçoit les enjeux d’une remise en question radicale du cloisonnement entre les disciplines. Plus simplement, le plasticien veut sans a priori faire l’expérience de la réalité. En effet, toutes les approches scientifiques développées dans ce livre peuvent être lues isolément ou dans un cadre d’analyse plus vaste, où la fonction de la plasticité apparaît comme fondatrice. Prenons la morphogenèse, ce peut être un isolat auto organisé, ou au contraire révéler le contenu générique d’un processus global. Prenons la plasticité synaptique, ce peut être uniquement un phénomène de stabilisation sélective des réseaux, ou au contraire un indice d’interactivité fine entre l’organe (morpho- et épigenèse neurale), la fonction (plasticité cognitive) et le tiers (environnement, interface cerveau/esprit). Prenons encore l’approche onto- et phylogénétique des espèces, elle peut être gouvernée par la seule logique aléatoire ou au contraire révéler des failles de raisonnement importantes négligeant tout des strates embryologiques ou des macroévolutions majeures. Dans ce cadre, la théorie de la plasticité, telle que je la conçois, loin de ne signifier qu’une esthétique fonctionnelle, devrait avoir un rôle prégnant dans l’évolution, puisqu’il ne s’agit plus de raisonner en terme d’adaptation, mais de devenir plastique d’une espèce, d’une matière, d’une forme par rapport à la mémoire de sa propre configuration structurelle. Il devient donc impérieux d’adopter une attitude de recherche nouvelle, où l’interactivité des systèmes de codes puisse s’exprimer, et où la plastique, qui tend à renaître en Occident, apparaisse avec sa logique dynamique propre. Dans ce but, il faudra réunir deux conditions: tout d’abord que la science défriche cette métaplasticité universelle, ensuite qu’une éducation sémantique inspirée des percepts poétiques, une plastique des mots, accompagne nécessairement cette refonte de perspectives. C’est à ce prix que les idées-forces de cet essai, comme la reconnaissance d’une aire commune du langage entre le poète et l’homme de science, ou la nature temporelle de la conscience imaginale (liée à l’acte de création ou d’individuation), pourront s’imposer ». Résumé abrégé de l’ouvrage

Parution aux éditions Albin Michel du livre « Sciences et Imaginaire » dirigé par Ilke Angela Marechal, Paris, 1994.

La tradition occidentale depuis Descartes a tendu à bannir de manière radicale l’imagination, la « folle du logis », du champ de l’activité scientifique, oeuvre exclusive de la raison. Pourtant, à la suite des travaux précurseurs de Koyré et des études novatrices de Gerald Holton, force est de constater que cette vision tenait moins à la vérité historique qu’à une reconstruction idéale et a posteriori de l’aventure scientifique. Désormais, de nombreux chercheurs et épistémologues – notamment à partir des exemples de Kepler ou de Newton – en conviennent: l’imagination joue un rôle fondamental dans les recherches scientifiques. Inversement, beaucoup d’artistes de notre temps, renouant ainsi avec l’esprit de la Renaissance, s’intéressent de très près aux grandes découvertes de la science et reconnaissent l’influence que celles-ci ont pu exercer sur leur création. Ce constat d’interdépendance soulève de multiples questions. De quel ordre sont les rapports que la science entretient avec l’imaginaire ? Jusqu’à quel point un tel dialogue peut-il se nouer sans qu’il y ait confusion ? Pour y répondre, cet ouvrage collectif a réuni les réflexions d’intellectuels renommés, scientifiques, philosophes ou écrivains, parmi lesquels Hubert Reeves et Michel Cassé, astrophysiciens ; J. D. Vincent, neurobiologiste ; Alain Connes, mathématicien (médaille Fields) ; Roberto Juarroz, poète ; Michèle Montrelay, psychanalyste ; ou Carl Friedrich von Weizsäcker, philosophe et physicien.  Note de l’éditeur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *