Plastir n°6 – 03/2007

MUSICALITÉ DE L’ŒUVRE PLASTIQUE DE VICTOR VASARELY

Frédéric Rossille est chercheur, compositeur et secrétaire général de PSA. Après des recherches en sciences cognitives de la musique, notamment à l’INA-GRM et à l’IRCAM et des études dans plusieurs écoles nationales de musique, il décide de se consacrer à la composition musicale et produit depuis le début des années 80 de nombreuses œuvres originales (pièces pour piano solo ou pour orchestre, musiques de film, musiques de chambre, etc..) qui seront jouées dans plusieurs pays parmi lesquels tout récemment le Japon. Plasticité musicale, synesthésies sont sans doute les moteurs essentiels qui sont à l’origine de l’interprétation originale de « l’alphabet des formes » de Victor Vasarely qu’il nous délivre ici après avoir donné un concert à la fondation du célèbre plasticien en novembre 2006. On connaissait l’univers plastique de Vasarely, sa stratégie à l’échelle de la cité, de la perspective, de la place qu’y occupe l’homme. On découvre avec Frédéric Rossille une toute autre lecture de son œuvre picturale: la programmation des tableaux (prototypes-départ, unités forme-couleur, etc…), leur agencement, leur plastique intime, leur mise en espace (art cinétique, vega, etc…) ne sont autres que de véritables partitions musicales ! Blog de l’auteur.

TERRITOIRES « ELARGIS » : DISTRIBUTIONS ET TOPOLOGIES COMPLEXES DE LA REALITE VIRTUELLE

Louis-José Lestocart est critique littéraire (Europe, Lettres Françaises), critique d’art et de cinéma (Art Press, Positif, NRF, Cinémathèque) et commissaire d’exposition au Ministère des Affaires Etrangères (« Agora » : expo en ligne sur l’art du net). Il a également poursuivi des études d’histoire et d’archéologie protohistorique à l’Institut d’Art et d’Archéologie de Paris menant à ce titre des fouilles à l’étranger et en France jusqu’en 1990. Parmi ces nombreuses activités, il anime l’atelier 36  » Entendre l’esthétique dans ses complexités  » de l’association MCX et est consultant au Collège de France au Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l’Action. Il nous plonge dans cet article au cœur d’un environnement virtuel à la fois pointu, historique, théâtral et multisensoriel. Ainsi, PLaceHolder de Brenda Laurel par exemple, que l’auteur met en parallèle avec le théâtre cartésien de la conscience de Dennett. Le lecteur s’y noie, s’identifie aux protagonistes tour à tour ingénieurs, savants et philosophes. Ici, c’est le narrateur qui prend le pas. Là, l’observateur observé. Tous deux s’immergent dans un univers fait de cognition et de représentation où l’I.A. les interfaces, les émergences, les architectures jouent avec la conscience du lecteur réel comme virtuel, la démultiplient, lui donnent une sorte de pensée nouvelle et composite. Une pensée autant piagetienne, énactive qu’issue de Brecht ou de ces « brouillons multiples » capables de muer en un rien de temps l’Homo virtualis. En découle une forêt d’avatars et de symboles, un monde d’art et d’automatique, une présence quasi-chamanique où esprit et de matière se phagocytent pour donner naissance à une expérience humaine inédite : celle de « la perception pure » ou de l’expérience intérieure d’Uzume.

ENFANCE ET PLASTICITE

Mariana Lacombe, coordinatrice de la Faculté de Philosophie du Monastère de Saint Benoît à São Paulo au Brésil, fait actuellement ses études post-doctorales à la Faculté de Philosophie de l’Université Laval au Canada sous la direction du professeur Thomas De Koninck. Férue de sciences de l’éducation et de transdisciplinarité, dont elle nous a brillamment montré l’urgente nécessité dans Plastir n°4, elle aborde ici, pour notre plus grand plaisir, les liens étroits entre enfance et plasticité. Nous voilà plongés dans « la genèse de l’apprentissage de la pensée » comme dans l’univers de rue de São Paulo où les difficultés de la vie écolière, d’un monde rude et connaissant parfois la misère touchent notre sensibilité. Mariana Lacombe nous donne là un message précis : « nous ne sommes pas à la hauteur de l’enfance humaine », mais surtout décrit la légèreté, la plasticité naturelle de l’enfant, qui toujours et partout triomphe de l’immobilisme et de la déshumanisation qui le menace.

INTER ET INTRASEMIOTICITE DANS L’OEUVRE DE JULES VERNE

Lionel dupuy est géographe de formation, orienté vers l’écologie humaine et chargé de projets « Arts et Culture » au centre national de documentation pédagogique de Pau. Il est également écrivain et grand spécialiste de l’oeuvre de Jules Verne. Il a notamment publié à la Clef d’Argent « « Espace & temps dans l’œuvre de Jules Verne : Voyage au centre de la terre… et dans le temps » (2000), « En relisant Jules Verne : un autre regard sur les Voyages Extraordinaires » (2005), « Jules Verne, l’homme et la terre. La mystérieuse géographie des Voyages Extraordinaires » (2006). Il nous propose pour Plastir une analyse très fine de l’espace sémiotique et de la dialectique espace-temps qui bordent les écrits comme les personnages les plus célèbres de Jules Verne. Lionel Dupuy va ainsi nous emmener au cœur du récit vernien et nous donner de toutes nouvelles interprétations des quatre illustrations accompagnant la mort de Nemo dans « L’île mystérieuse ». Au sortir, c’est toute la dimension mythique et initiatique de ce voyage extraordinaire qui transparaît à travers cet homme sans nom (Nemo) habité par de Vinci…

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