Plastir n°56 -12/2019

PERSONA: DE L’AGITATION À L’ADAPTATION

Luiz OOSTERBEEK est diplômé en histoire et docteur en archéologie. Il est professeur coordonnateur et vice président de l’Institut polytechnique de Tomar (IPT), Centre de géosciences de l’université de Coimbra au Portugal. Il y dirige les cours de maîtrise et de doctorat en études préhistoriques et quaternaires (conjointement avec l’Université de Vila Real) et est professeur invité dans de nombreuses universités en Europe et au Brésil. Il est également membre du Conseil international de philosophie et des sciences humaines (CISP) de l’UNESCO, secrétaire général de l’Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques, vice-président de HERITY International, ancien porte-parole du domaine science et société de CYTED, directeur de divers projets archéologiques ainsi que des projets de gestion du patrimoine et du territoire au Portugal, au Brésil, en Colombie, au Sénégal et en Angola. Directeur du Musée d’art préhistorique de Mação (Tajo, Portugal) et du groupe Quaternaire (Centre de géosciences portugais), il est aussi l’auteur prolixe d’une trentaine d’ouvrages et d’environ 200 articles (https://ipt.academia.edu/LuizOosterbeek). C’est dire si son regard et son analyse nous sont précieux dans le contexte de la modernité et de son évolution socioculturelle ! Son essai pose en effet des questions majeures sur la compréhension et la gestion des besoins humains soumis à la globalisation, aux technosciences, aux biais cognitifs, ainsi que sur la relation de l’home à la nature. Une analyse en profondeur du malaise de nos sociétés contemporaines et des réponses à y apporter, aussi bien en terme de perception spatiotemporelle, de territorialité et de libre-arbitre des choix humains dans un environnement donné, qu’en terme d’influences contextuelles (incertitudes, assimilation des big data, mobilité croissante, inclusion sociale..), avec pour exemple concret, la gestion du paysage agricole dans la vallée du Tage.

A LA RECHERCHE D’UNE SÉMIOTIQUE PLASTIQUE

Frédéric MATHEVET, plasticien et compositeur, est docteur es arts et professeur agrégé en arts plastiques. Corédacteur en chef de la revue L’Autre musique, il est artiste-chercheur associé à l’institut ACTE [École des Arts de la Sorbonne_EA 7539] Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a publié de nombreux articles sur la figure de l’artiste chercheur et sur les arts sonores et un livre sur les modalités plastiques d’écriture du sonore et du musical : Faire La Peau… La Musique Au Risque de La Plasticité, manuels d’arts plastiques tome 1 et 2, Eds. Universitaires Européennes, Sep 2010 (https://www.fredericmathevet.com/). Son essai initie la question de fond qu’il pose dans un ouvrage à paraître : « Comment penser la recherche en art et avec l’art ? ». Il s’agit de ne pas faire l’impasse sur une pratique artistique digne de ce nom et de donner au processus créatif un statut qui ne soit pas uniquement axé sur leur plus-value scientifique et/ou purement académique. Pour l’auteur, seule la notion de plasticité, comprise comme un triple mouvement — un mouvement de « donner-recevoir-détruire » est à même de créer les conditions d’une recherche-création et constitue un procès tous azimuts de déconstructions, de formalisations précaires et de métamorphoses continuelles (plus précisément de shape shifting). De ce fait, la plasticité fait de la forme une prégnance, une actualisation temporaire dont l’endurance est suffisamment forte pour être remarquée. La forme n’est plus d’un point de vue ontologique une présence définie par des propriétés intrinsèques.

« NON ! », UN CRI PUBLIC. SCIENCE POLITIQUE ET ARTS

Christian RUBY est philosophe, professeur chargé de cours à l’ESAD-TALM, site de Tours (niveau Master). Il est membre de l’ADHC (association pour le développement de l’Histoire culturelle), de l’ATEP (association tunisienne d’esthétique et de poiétique), du collectif Entre-Deux (Nantes, dont la vocation est l’art public) ainsi que de l’Observatoire de la liberté de création. Il travaille avec le FRAC Centre Val-de-Loire et est membre de la commission Recherches du ministère de la Culture. Parmi ses derniers ouvrages : Abécédaire des arts et de la culture, Toulouse, Éditions L’Attribut, 2015 ; Devenir spectateur ? Invention et mutation du public culturel, Toulouse, Éditions L’Attribut, 2017 ; « Criez, et qu’on crie ! » Neuf notes sur le cri d’indignation et de dissentiment, Bruxelles, La lettre volée, 2019 (www.christianruby.net). Il a récemment publié plusieurs articles dans le champ art et science dans Plastir. Dans ce nouvel essai original, il lance un cri d’alerte quant aux dérives sociopolitiques qui nous guettent et nous enjoint à les observer au travers du prisme de l’art : « Si l’on veut bien écouter les cris déployés dans une société, on s’aperçoit vite qu’ils disent quelque chose des rapports sociaux, des dominations et des violences sociales. Mais en général, on les néglige, ou on les renvoie à des sources pulsionnelles individuelles qu’il conviendrait de soigner. Ce texte se place à l’écart de ces mépris du cri, en montrant qu’il faut les entendre et les comprendre. Les arts aident d’ailleurs à déplacer la perspective. »

LES SAGESSES DU MONDE AU PLURIEL…   LES VOIES D’UNE MISE EN VOIX

Mar THIERIOT, dont le post-doc « Deux pianos préparés… » (Plastir 14,03/09  à Plastir 17,12/09) et de très nombreux essais ont été publiés dans notre revue, est une philosophe, poète et peintre franco-brésilienne dont le parcours a été décrit en détail dans le sommaire du n°48 de Plastir. Sa présente contribution touche aux enseignements de la sagesse, à ses racines et à la multiplicité des voies qu’elle emprunte, notamment chez les Toltèques. En ressortent des notions du ‘juste’ et des passages insoupçonnés dans et entre les voies, des lectures et cheminements à plusieurs issues et des semences portées ça et là dans les profondeurs de la création. Mieux que quiconque, Mariana Thieriot nous résume son approche et l’apport de ses pairs en ces termes : « En suivant les belles et fortes traces de René Barbier, j’écris sagesses au pluriel et tente dans cette étude au fil des ans d’ouvrir le champ à l’écoute des peuples premiers, des traditions religieuses, des mythes contes et légendes… À l’écoute des poèmes aussi, et de toutes ces voies dont nous sommes faits, de toutes ces voix qui parlent avec nous et en nous, parfois bien malgré nous. L’invariante dans ce parcours demeure le concept de dialogue, travaillé habilement au corps et au cœur par Paulo Freire au Brésil et Norman Cornett au Canada, avec qui j’ai la joie d’échanger, mais non la facilité. Norman Cornett, PhD en science des religions, exerce une philosophie ‘dialogique’ qui entrelace les champs de l’éducation et des arts. Le dialogue est également l’outil transdisciplinaire par excellence, pratiqué avec ténacité et plasticité par Basarab Nicolescu, Marc-Williams Debono et la totalité des membres du CIRET, le fer de lance de la pédagogie de Philippe Meirieu, le rêve de Martin Luther King… Le dialogue est le beau risque à courir, la partie à mener jusqu’au bout lorsque l’on tente de hisser sa vie à une espèce Sapiens Sapiens. Difficile À résumer, cette étude ouvre le bal aux dialogues sur les sagesses du monde, peut-être pour que l’Institut des Sagesses du monde crée par René Barbier et dont je suis co-fondatrice vive si ce n’est en un lieu, du moins en nos mémoires

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