© L’ERE
DES PLASTICIENS « De nouveaux hommes de science face à la
poésie de la vie »
Marc-Williams DEBONO
Editions Aubin, Collection :
Sciences, Spiritualiés, Epistémologie, 1996.
L'assomption scientifique du
réel ne serait-elle pas moins justifiée que celle de sa "préhension"
poétique ? Le fonctionnement du cerveau en tant que représentation du monde n'est-il-pas assujetti à ma vision singulière de ce monde ?
Les constantes alphabétiques du langage conscient comme du code génétique ne
sont-elles pas garantes, à l'image des fractales de Mandelbrot, de la diversité
d'expression comme de l'unicité du vivant ? Enfin, n'est-ce pas d'un troisième
terme (l'état T, du tiers inclus décrit par Lupasco)
qui annihile toute logique binaire, dont on aurait besoin afin de dépasser
l'apparente contradiction physico-consciencielle ?
Cet
ouvrage présente une nouvelle logique évolutive, de nouveaux hommes, les plasticiens, qui, dès à présent, et plus
encore demain, baliseront ces espaces frontaliers où chacun ne se reconnaît pas
tout à fait encore, mais perçoit les enjeux d'une remise en question radicale
du cloisonnement entre les disciplines (partie
I). Au-delà d'une ouverture réelle entre poésie et science, l'approche
plastique implique un changement dans la forme et dans le fond. Dans la forme,
en tant qu’attitude multinivellée, souple et
rigoureuse à la fois, dans le fond, comme principe
d'exploration de la genèse des processus naturels.
Plus
simplement, le plasticien veut sans a priori faire l'expérience de la réalité.
A l'image de la plasticité cérébrale
qui s'autoconstruit activement en regard du monde, il
est l'architecte de sa propre évolution. C'est ainsi que le cerveau chaotique
projette le devenir ordonné de l'homme, aussi bien que ses potentialités
imaginatives. C'est ainsi que l'homme a franchit un pas considérable dans
l'évolution, faisant aussi bien appel à l'interactivité dynamique entre
l'environnement et les gènes du développement cérébral, qu'à des mémoires
génériques récapitulant et réorientant les stades évolutifs de l'hominisation (parties II & III).
Or,
un des enjeux majeurs de la prise en compte du code plastique de la vie par l'ensemble des chercheurs, est, hormis
l'intégration de ces transitions (favorisée par le déclin du mécanicisme), la
reconnaissance d'une aire commune du langage, où tous les plasticiens pourront
s'exprimer. Il faut pour cela réunir deux conditions: tout d’abord que la
science défriche cette métaplasticité universelle, ensuite qu’une éducation
sémantique inspirée des percepts poétiques, une
plastique des mots (partie IV), accompagne nécessairement cette refonte de
perspectives. C'est à ce prix que les idées-force de
cet essai, comme la nature temporelle de la conscience
imaginale (liée à l'acte de création ou d'individuation), et l'unité entre
le savoir et le vécu de l'homme pourront s'imposer (partie V).